Qu’elle s’inscrive comme l’une des villes thermales les plus réputées du pays pour le traitement de l’arthrose et des rhumatismes ou développe son offre touristique grâce, notamment, à ses plages et ses activités nautiques, la belle, située sur l’axe Chambéry-Annecy, à seulement 3h00 de TGV de Paris, possède des attributs certains.
La commune de 27.260 habitants, 54.400 au sein de l’agglomération, arbore un patrimoine historique de premier plan, dont le magnifique legs Belle Epoque. Pourvue du plus grand port d’eau douce de l’Hexagone, la cité fondée au Ier siècle abrite également un golf, un hippodrome, deux casinos et de nombreuses boutiques. Quelques importantes entreprises se trouvent dans le coin, parmi lesquelles Léon Grosse, Areva, Aixam ou ABB Cellier. D’ailleurs, l’expansion urbaine s’avère si importante que la frontière entre les aires aixoise et chambérienne n’est plus aussi marquée que par le passé. Tresserve, Mouxy, Grésy-sur-Aix, Pugny-Chatenod, Brison-Saint-Innocent et Drumettaz-Clarafond voient leur population augmenter, au même titre que la localité orientée sur le Bourget. Si, à l’origine, les infrastructures d’accueil poussent sur les hauteurs, les abords du lac font, aujourd’hui, l’objet d’une attention accrue.
« Difficile de nier l’impact de la crise sur le marché. Mais, force est de constater qu’Aix oppose des arguments de poids aux fluctuations économiques internationales. Le haut de gamme tire, en effet, son épingle du jeu, le ralentissement portant davantage sur la résidence standard des années 60 et 70. Ensuite, les termes de correction et de ralentissement conviennent mieux que celui, sans doute trop repris dans les médias, d’effondrement », introduit Pascale Piccolet de Clerc-Renaud Immobilier. Après une baisse de prix de 10 % maximum et un exercice 2009 en demi-teinte, les professionnels assistent à un renouvellement de l’offre comme de la demande. « 60 % des acquéreurs de Clerc-Renaud ciblent un usage principal. Retraités dans la plupart des cas, ils paient aux environs de 400.000 € pour des maisons de 140 m2 sur des parcelles de 1000 m2 ou 300.000 € contre des quatre-pièces avec garage et terrasse en centre-ville, une denrée rare », reprend la spécialiste. 30 % des acheteurs, prêts à injecter de 50.000 - le prix d’un studio à rafraîchir de 20 m2 - à 120.000 € - l’enveloppe requise pour un T2 de 40 m2 en bon état -, investissent dans le locatif ancien. Généralement, ils l’exploitent selon le mode permanent, le saisonnier impliquant un engagement personnel souvent trop lourd. La rentabilité avoisine les 4-5 % ; cependant, le segment souffre de la concurrence du neuf, qui, à partir du moment où l’on comptabilise les multiples avantages, se présente sensiblement aux mêmes tarifs. Curistes et quinquagénaires en prévision de la retraite alimentent, enfin, le secondaire. Cela va du beau T2 à 150.000 € au duplex de 70 m2 en front de lac à 270.000 €, vendu récemment. L’avantage d’Aix, historiquement plus chère que Chambéry sans doute dopée par l’attrait du Bourget, réside dans la variété du parc immobilier, susceptible de répondre à une clientèle large.
« Rappelons, néanmoins, que la majorité de la population aixoise ne dépasse pas les 250.000 € pour un appartement et que dès 300.000 € la question du choix entre le collectif et l’individuel se pose », ajoute Odette Buchet d’Orpi Valorisation Immobilier. En effet, comme dans toutes les villes françaises caractérisées par des barèmes élevés, beaucoup peinent à se loger. Entre les reculs de la pierre et des taux d’intérêt, la fameuse classe moyenne récupère quand même de la solvabilité. Au cours des deux dernières années, le neuf s’implante massivement, montrant le risque d’accorder la primauté à la défiscalisation sur la constitution cohérente du patrimoine. Autrement dit, l’agent immobilier considère « l’option ancien » plus judicieuse à long terme. Sur Aix, désormais, il demeure compliqué d’ignorer les notions conjointes de plaisir et de loisir. Au regard de la qualité de vie, la bourgade est assez comparable à Annecy. Le tertiaire ne cesse de se dynamiser, tandis que la population rajeunit. Avec la performance des axes routiers et la différence notable de prix entre les deux, les conditions du report sont réunies. Les actifs de Technolac tombent aussi sous le charme du site. Résultat des courses : une recrudescence des budgets de 350.000 à 450.000 € et des perspectives d’avenir encourageantes, dues tant à la situation géographique qu’aux atouts intrinsèques.
« Bien sûr, la localité obéit à une logique de quartiers. Quelques-uns plébiscitent les bords du lac, attirés par la vue et le confort des copropriétés récentes auréolées de terrasses, une prestation dont ne bénéficient pas les résidences Belle Epoque », poursuit Florent Jeantet de 360° Immobilier. Ouvert sur le plan d’eau, l’appartement se négocie 3800 €/m2 en moyenne à la revente, 4200 €/m2 dans le neuf. Moins enclines à tolérer la saisonnalité et surtout la morosité de l’hiver, les personnes âgées préfèrent la fonctionnalité de l’hyper-centre, d’autant que la nuisance sonore n’est pas systématique. Ils déboursent respectivement 2800 et 3300 €/m2. Les 35-45 ans et leurs enfants apprécient les hauteurs pavillonnaires et les panoramas plongeants sur les toits et le plus grand lac naturel français. Jouxtant un nombre restreint d’immeubles, les maisons varient, ici, entre 350.000 et 450.000 €, hors exception. Souvent exclusive, la demande se répartit équitablement entre les trois secteurs. Enfin, il est de plus en plus fréquent de sortir une somme identique pour une villa et une grande surface en immeuble. D’ailleurs, les mutations s’effectuent dans les deux sens, selon l’âge et les besoins de l’acheteur.