Creusé par un vigoureux cours d’eau, le gigantesque canyon de roche calcaire, s’épanouissant sur les départements du Var et des Alpes-de-Haute-Provence, abrite une nature généreuse et des villages hauts en couleurs. Classé parc naturel en 1997, il séduit une population internationale, attirée par le rafting, la randonnée, le VTT ou le parapente. L’engouement pour les célèbres gorges rejaillit immanquablement sur les communes situées dans un rayon de 10 à 30 mn…
Steven Lobbezoo de
Rev’Immo distingue trois secteurs. Le premier, composé de Ginasservis, une localité attachée à ses traditions,
Rians, une cité construite en colimaçon au pied de la Tour de l’Horloge, et Vinon-sur-Verdon, qui accueille le premier centre de vol à voile de France, intéresse les actifs d’
Aix-en-Provence et de Cadarache. L’annonce du projet ITER dope artificiellement les prix, qui finissent par reculer de 30 % sous l’effet de la crise. Une maison de village de 150-250 m2, prolongée par un petit extérieur, oscille, aujourd’hui, entre 180.000 et 200.000 €. En milieu diffus, les bâtisses, généralement de 100-120 m2 habitables, édifiées sur des parcelles de 1500-2000 m2, valent 250.000 €. Rare, le terrain de 2000 m2 avoisine 120.000 €. Si les autochtones demeurent majoritaires, les résidents occasionnels, mus par des valeurs attractives, pénètrent le marché.
Barjols, cerné par une forêt de chênes verts, Montmeyan, planté à 500 mètres d’altitude près du lac de Sainte-Croix,
La Verdière, orienté tout à la fois sur Castellane, le Mont Ventoux, le Luberon, la Sainte-Baume, la Sainte-Victoire et les Maures, et Régusse, réputé pour ses moulins à vent des XIIe et XIIIe siècles hérités des Templiers, campent le deuxième ensemble. Eloigné des bassins d’emplois, il vit essentiellement du tourisme. Séniors en quête de soleil et étrangers, Belges, Hollandais et Scandinaves, se partagent le territoire à part égale. Pourvus de 350-450.000 €, ils apprécient le climat, les situations dominantes et les paysages enchanteurs, recherchent un esprit campagne et, si possible, de la vieille pierre. Parmi les derniers acheteurs, les Hexagonaux ne dépassent pas les 10 %.
Correns,
Carcès,
Montfort,
Salernes et
Cotignac suscitent, enfin, un intérêt soutenu. La patrie du carrelage offre un parc immobilier varié, convenant aux amoureux de la Provence comme aux travailleurs du cru. Montfort a le vent en poupe depuis que le couple Jolie-Pitt y a acquis une propriété. Quant au site inscrit de Cotignac, dominé par un rocher de 80 mètres de haut et 400 mètres de large, il reste le passage obligé des pèlerins. Outre la visite d’Anne d’Autriche et de Louis XIV, il se prévaut de trois apparitions reconnues par l’église, une de Saint-Joseph et deux de la vierge Marie. 90 % des acquéreurs proviennent d’autres régions françaises ou européennes, forts d’une enveloppe allant de 400.000 à 2 M €. L’un d’entre eux obtient une bastide ancienne de 500 m2 en parfait état, dans un domaine de 16 ha sur
Entrecasteaux, contre 1,2 M €. Un second signe une maison moderne de 180 m2, sur 2000 m2 à Carcès, moyennant 500.000 €. On exige 2,5 M € pour un petit hameau de quatre unités, dont une de 600 m2, sur 30 ha. L’essentiel des affaires se concluent, cependant, autour de 600.000 €. Les tarifs du haut de gamme se maintiennent, même si les négociations sont âpres et les concrétisations, moins nombreuses depuis le départ des Britanniques.
Implanté sur Salernes,
Sillans-la-Cascade,
Villecroze et Aups, Olivier Demory du
Cabinet Conseils Demory insiste sur l’identité particulière de chaque village. Ainsi, Villecroze s’inscrit comme l’adresse chic et bucolique des étrangers, malgré une tendance baissière sans doute due au morcellement excessif du foncier. Salernes, qui possède sur place les services et les commerces nécessaires au quotidien, plaît aux Dracénois, heureux de bénéficier, avec une disponibilité d’environ 300.000 €, d’une grille tarifaire inférieure de 15 % aux coûts observés dans l’environnement immédiat de la sous-préfecture. Comparable au précédent, Aups jouit de vues féeriques et d’une typologie large, du goût des résidents secondaires. Sillans est le paradis des amateurs de loisirs verts. A l’exception de quelques beaux produits à partir de 350.000 €, il présente des pavillons fonctionnels de 100 m2 à 250.000 €. Enfin, les investisseurs manifestent une volonté nette de se créer ici un patrimoine, se référant ou pas à la Loi Scellier, avec un prix moyen du mètre carré à rénover de l’ordre de 1200 €. Exigeante et audacieuse dans ses propositions, la clientèle mise sur la reconstitution massive des stocks pour procéder à des achats raisonnés.