La deuxième ville de l’Hérault avec 72.500 habitants surplombe l’Orb
et le Canal du Midi. Située au sein du plus grand vignoble du monde, elle se dresse également à 10 km de la Méditerranée et à 50 km des premiers sommets.
Focus sur un marché encore en demi-teinte…
A Béziers, la part des zones agricoles et des espaces verts l’emporte sur la superficie urbanisée. Le siège de la Chambre de Commerce et d’Industrie tire aussi ses revenus de la viticulture et du tourisme. L’endroit abrite les neuf écluses de Fonsérannes, un site classé au Patrimoine Mondial de l’UNESCO, à l’instar du Pont de l’Orb et du Canal du Midi, la troisième destination la plus visitée du Languedoc-Roussillon derrière le Pont du Gard et la Cité de Carcassonne. 8 km seulement séparent la localité d’un golf 18 trous. Un bon niveau d’équipement et un tissu associatif dense améliorent le quotidien des habitants de la commune, édifiée au carrefour des autoroutes pour Paris et les grandes villes du sud de l’Hexagone.
« Si le discours alarmiste s’avère dépassé, l’heure n’est pas encore à l’équilibre parfait entre l’offre et la demande. Acquéreurs comme vendeurs restent anxieux, fébriles et peu assurés dans leur prise de décision. Cependant, le potentiel biterrois ne fait aucun doute », introduit Michaël Canaveira de l’Agence Belon. La collectivité attire les retraités français en quête de soleil. 70 % paient - généralement comptant - 220-250.000 € des pavillons récents de plain-pied, 100 m2 utiles sur des terrains de 400 m2 dans des lotissements peu arborés et souvent éloignés des commerces, ou des maisons de la décennie 1980, proches des commodités mais au confort fréquemment désuet. Certains parviennent à engager 300.000 €, une rallonge qui leur permet d’obtenir une intimité accrue et des parcelles plus généreuses, de l’ordre de 800 m2, agrémentées - ou susceptibles de l’être - d’une piscine. Les primo-accédants recherchent soit des biens à rénover, moyennant 100-150.000 €, soit du neuf, à 150-180.000 €, pour bénéficier du doublement du prêt à taux 0. Jusqu’en 2008, les investisseurs sont encore très présents, mus par une excellente rentabilité. Actifs dans une moindre mesure, ils privilégient, aujourd’hui, la valorisation patrimoniale et le placement de bon père de famille dans des quartiers sûrs et cotés, même si les plus chanceux peuvent espérer un retour d’environ 6 %. Ceux qui acceptent de cibler les logements à vocation populaire en retireront un meilleur gain immédiat. En effet, proportionnellement, les loyers demeurent nettement plus élevés par rapport au coût d’achat. Quelle que soit l’option adoptée, le produit financier n’est absolument pas en mesure de rivaliser avec la pierre. Le locatif fonctionne véritablement selon un mode bipolaire : la demande porte sur les entrées de gamme ou sur les résidences de standing. « Entre les deux : peu de mouvements », note le spécialiste. « La sortie de crise ne se fera pas sans le concours de l’ensemble de la profession. Et cela commence dès la prise de mandat et l’estimation de la référence. Les vendeurs tâtonnent toujours et les acquéreurs doivent faire preuve de réalisme et adapter leurs propositions au marché, désormais partiellement cohérent », conseille Frédéric Martinez de F2M Immo. Les jeunes couples rêvent de logements prolongés par des extérieurs en prise directe avec la pièce à vivre. Qu’il s’agisse d’une maison de village ou d’un T3 ouvert sur une terrasse, la fonctionnalité constitue une priorité. Boujan, Lignan-sur-Orb, Maraussan et Maureilhan réunissent des adeptes. Quelques seniors disposent d’une enveloppe de 500.000 € pour une construction de qualité, 250 m2 habitables sur 1000 m2 et au-delà. En intra-muros, la logique de quartiers semble recouvrer ses droits. Beaucoup prennent la direction des Peintres et des Fleurs, caractérisés par un collectif à taille humaine auquel se mêlent de petites maisons sises à proximité du centre. Le cœur historique - Champ de Mars, Arènes et Cliniques - paraît reconquérir son aura d’antan grâce à la réhabilitation massive d’immeubles de caractère et aux nombreux aménagements, dont la médiathèque et les facultés. A contrario, Madeleine et Les Halles, des secteurs jadis pris d’assaut par les investisseurs, seraient en passe de se détériorer, malgré les efforts de la municipalité. « Pourtant, ils renferment des appartements bourgeois, des immeubles haussmanniens et des hôtels particuliers, commercialisés, selon l’état, de 900 à 1400 €/m2 », renchérit Jean-Louis Dreuille de Via Sud Immobilier.
« Côté acheteurs, la tendance est réellement à la performance énergétique, un créneau que je suis l’un des seuls promoteurs à travailler sur Béziers depuis six ans déjà », précise-t-il. Sur les 14 maisons du « Hameau de Montaury », 5 sont encore à pourvoir. Le T3 se négocie 185.000 €, et le T4, en rupture de stock, 225.000 €. Ce concept d’habitations individuelles, riches d’un jardin-terrasse de 40 m2 et de deux parkings, plaît réellement. Il resserre le lien social et s’inscrit dans la droite ligne de la politique de densification, une notion inhérente au développement durable, sans jamais nuire à l’indépendance des usagers. D’ailleurs, Jean-Louis Dreuille prévoit la livraison d’une troisième réalisation de ce type en septembre 2011, vendue dès la rentrée scolaire 2010. Titulaire d’une double casquette, il avoue aisément que l’ancien est ultra compétitif. Récemment, l’agent immobilier contribue à la cession d’un trois-pièces de 70 m2 à rafraîchir, contre 65.000 €, d’un pavillon de 90 m2 sur 500 m2 aux Fleurs, à 238.000 €, ou de 140 m2 en bonne condition sur 1700 m2 dans un village agréable de la première ceinture, pour 340.000 €. Quant au haut de gamme, il s’échelonne de 400.000 à 600.000 € en villa, de 350.000 à 450.000 € en maison de maîtres et de 250.000 à 320.000 € en vigneronne. Si l’exception peut prendre des formes diverses et variées, un Anglais résidant à Moscou vient de s’offrir, en prévision de la retraite, 400 m2 sur 1 ha, arboré et rehaussé d’une piscine, à 630.000 €. Cette catégorie existe aussi, mais tarde à trouver sa clientèle, eu égard aux estimations peu affinées.