REPORTAGE

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Bilan tropézien

 
Bilan tropézien
Cet appartement d’exception de La Ponche, 65 m2 à réaménager selon vos envies, bénéficie d’une vue panoramique sur le village et la Méditerranée. 1.060.000 €. Guy Hoquet L’Immobilier (04 94 79 62 84).






Bilan tropézien
Sur un terrain arboré de 2000 m2, cette maison provençale, à laquelle s’ajoute un pavillon d’amis, offre quatre chambres et trois salles de bains. Possibilité d’extension. 3,2 M €. Burger Sotheby’s International Realty (04 94 97 88 97).






Bilan tropézien
Dans le quartier de L’Escalet à Ramatuelle, cette villa (cinq chambres, cinq salles de bains) reste à distance pédestre de la mer. 7,9 M €. Segur Partners Investment (04 94 96 44 74).






Après 18 mois de crise, des destinations aussi exclusives que Saint-Tropez
constituent d’excellents baromètres quant à la santé économique mondiale.
Les agents immobiliers passent au crible les différents segments, évoquent
la clientèle et définissent les grandes tendances.


Dès les années 1950, le village de pêcheurs acquiert, grâce aux artistes de la Nouvelle Vague et des Yéyés, une aura, jamais démentie au cours des décennies suivantes. La belle varoise, découverte par Signac et fréquentée ensuite par Bonnard, Matisse, Marquet ou la sculpturale Bardot, se pare alors de strass et de paillettes sans jamais renier son environnement sauvage et sa nature exubérante. Le parc hôtelier, unique pour une commune de 5650 habitants, abrite désormais 2 palaces, 8 quatre-étoiles et 11 trois-étoiles, tandis que le port conserve couleurs et authenticité. De ce mélange, la jet-set issue des quatre coins de la planète en redemande chaque été. Certains font le choix de vacances familiales et tranquilles, d’autres préfèrent la version festive ; tous cohabitent en bonne intelligence.

« Si l’on compare les premiers semestres 2009 et 2010, le nombre de transactions est identique, malgré un démarrage plus tardif cette année, du fait d’un climat hivernal rude », analyse Peggy Bancquart de Guy Hoquet L’Immobilier. Diverse et variée, la demande porte sur les villas bénéficiant d’une vue mer et commercialisées entre 2,5 et 3 M €. Or, cette catégorie n’existe pas. Beaucoup cherchent des studios bien placés inférieurs à 200.000 € et des pied-à-terre d’une chambre en parfait état de 350.000 à 450.000 €, quand il ne s’agit pas d’appartements d’exception de plus de 100 m2 orientés sur la Grande Bleue à partir de 1 M €, une denrée rare, ou de maisons de ville à rénover aux alentours de 2 M €, un produit finalement peu rependu, pris d’assaut par les marchands de biens. Entre les valeurs affichées et les prix signés subsiste une différence d’environ 10-15 %. Les résidents secondaires, largement majoritaires et français plus souvent qu’on ne l’imagine, envisagent de retirer les fruits d’une location saisonnière. Les Italiens raffolent toujours du cœur historique, lorsque les retraités belges et anglais séjournent plusieurs mois par an à Saint-Tropez. Pour ces particuliers, comme pour les investisseurs férus de locaux commerciaux, l’emplacement reste la règle d’or.

« L’appartement se négocie de 10.000 à 15.000 €/m2 sans extérieur ni vue particulière. Situé sur le port, il atteint de 20.000 à 30.000 € en fonction de l’état et des prestations. L’objet, qui suscite un intérêt constant, demeure difficile à dénicher », précise Romain Favelier de Burger Sotheby’s International Realty. Bien sûr, l’adresse compte pour beaucoup dans l’estimation. Une bâtisse de 250 m2, une surface susceptible de doubler selon le bon vouloir de l’acquéreur, construite sur une parcelle plate de 5000 m2 face à la Méditerranée, vaut, par exemple, 3 M € à Beauvallon. Un équivalent au Capon ou dans Les Parcs de Saint-Tropez part toujours entre 10 et 14 M €, à 15 M € dès que l’on dispose de 450 m2 habitables, à 7 M € sans vue mer. En 2009, les stocks se reconstituent ; malheureusement, les propriétaires vendeurs ne font pas preuve d’une grande flexibilité. Cette saison, l’heure serait davantage à la sécurisation des deux parties, une étape qui annonce la reprise à défaut de la garantir.
« Sur la gamme 5-15 M €, les négociations sont âpres. En revanche, l’hiver dernier, à la grande surprise des professionnels locaux, certaines transactions se concluent au-delà de 30 M €, signant le retour des ressortissants des Pays de l’Est », indiquent Jean-Luc Courbet et Nicolas Janow du groupe Segur Partners Investment & Real-Estate, présent à Londres, Paris, Saint-Tropez et bientôt à Genève. Détenant un portefeuille cession acquisition d’hôtels, le spécialiste, responsable de la vente récente de La Bastide Rouge, parle également de fonds privés à l’affut d’opportunités dans la capitale française ou sur la Côte d’Azur. Avant la crise, les clients n’hésitent pas acheter au-dessus de la valeur de rentabilité tablant sur une progression rapide et constante de la fréquentation hôtelière. Aujourd’hui, ils vendent de 30 à 50 % sous les tarifs pratiqués il y a trois ans. Les initiés prévoient une pleine reprise de l’activité touristique à l’horizon 2013.
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Par Laetitia Rossi