REPORTAGE

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Bordeaux-Bastide : le renouveau

 
Bordeaux-Bastide : le renouveau
Cette échoppe développe 130 m2. 278.000 €. Foch Immobilier (05 56 44 06 26).






Bordeaux-Bastide : le renouveau
Proche de la station de tramway, cette maison en pierres comprend une belle pièce de vie ouverte sur un jardin intime, deux chambres et un bureau. 278.000 €. La Bourse de l’Immobilier (05 56 32 44 99).






Bordeaux-Bastide : le renouveau
Cet appartement récent aux belles prestations affiche 70 m2 prolongés par un balcon. 256.000 €. Cabinet Elience (06 10 86 96 79).






Né au XIXe siècle de la construction du Pont de Pierre et de la gare d’Orléans, le quartier industriel possède tous les attributs d’un centre-ville, l’accessibilité en moins. Un frein partiellement levé par l’introduction du tramway, survenue en décembre 2003. Gros plan sur la rive droite…


Le secteur s’étend du Pont de Pierre au Pont Saint-Emilion, abritant des zones aussi variées que Queyries, La Benauge, Galin-Thiers, Deschamps et Brazza. Au XIXe siècle, les chantiers navals foisonnent et l’activité économique bat son plein. Bordeaux ne tarde pas à intégrer la commune autonome. Dès 2000, la revitalisation de La Bastide figure parmi les priorités municipales. Sur plus de 200 ha, le projet prévoit un espace vert auréolé de bases de loisirs et de restaurants, la valorisation du patrimoine existant, la densification de la zone franche, des équipements publics, une université et des logements. « Le lion de Veilhan », une statue bleutée de 8 mètres de long et de 6 mètres de large installée en 2005 sur la place Stalingrad, marque le renouveau du lieu. L’essor devrait se poursuivre jusqu’à l’élaboration de deux franchissements de la Garonne supplémentaires et le bouclage des boulevards à l’est.

« Joliment aménagés, les quais de Queyries n’invitent pas seulement à la balade ou à la contemplation d’un des plus beaux panoramas de la préfecture girondine, des places de la Bourse et des Quinconces », avertit d’emblée Marie-France Pacreau. « Le jardin botanique, le cinéma multiplex et Le Millenium accueillant le siège de la Banque Populaire et les bureaux de Sud-Ouest voisinent avec les immeubles récents signés Nexity George V, un produit qui pourrait se vendre facilement présenté à 2700 €/m2. D’un standing moindre, La Benauge, négocié de 2000 à 2400 €/m2, demeure calme et sûr. Proche du Pont de Saint-Emilion, Galin Thiers doit des tarifs moins élevés à une position excentrée. Deschamps abrite des anciennes usines, dont certaines en activité. Commercialisé 2000-2100 €/m2, l’endroit offre un réel potentiel à long terme comme Brazza, la zone franche, négociée pour l’heure à 1800 €/m2 », décrit la responsable de La Bourse de l’Immobilier. Les familles bordelaises apprécient le cadre fonctionnel et paisible. Les parents d’étudiants logent leur progéniture avant de retirer les bénéfices locatifs de leur placement. Les acquéreurs, prêts à débourser les 3000 €/m2 exigés dans les programmes, visent surtout la défiscalisation via la Loi Scellier.

En pleine expansion, le faubourg draine un nombre toujours accru de mouvements. « Les traditionnels pensionnaires de la rive gauche et les jeunes actifs n’hésitent plus à sauter le pas », poursuit Philippe Muzellec du Cabinet Elience. Les maisons en pierres de 55 à 150 m2, ouvertes sur des jardinets, évoluent globalement entre 160.000 et 370.000 €. Les appartements de caractère oscillent de 2000 à 2300 €/m2, tandis que le collectif des années 70 ne dépasse pas 2000 €/m2. Si l’on enregistre quelques incursions à 250.000 €, l’essentiel des transactions observées se situe autour de 220.000 €. L’intérêt des investisseurs ne se limite pas systématiquement au neuf. Le professionnel évoque un parc d’échoppes à retaper encore porteur, à commencer par cette unité de 45 m2, susceptible de passer à 80 m2 habitables, prolongée par un extérieur de 30 m2, sous compromis à 100.000 €. La Bastide renferme des biens abordables et de bons rapports qualité/prix. En témoigne cette autre échoppe rénovée de 75 m2, articulée autour d’un patio, à 209.000 €. Définitivement, la spéculation n’a plus droit de cité.

« De longues décennies durant, le fleuve constitue un rempart au développement du quartier, d’autant que l’édification du seul passage remonte à 1822 », explique Michel Ballon de Foch Immobilier. « La liaison tramway accélère la redistribution du site, véritable quartier de report face à la saturation du cœur de ville et à l’explosion de la grille tarifaire. La marge de progression est conséquente. Du foncier, passible de recevoir des équipements, des industries et des habitations, subsiste. Reste à accroître l’accessibilité. Le spécialiste attend beaucoup de la construction du Pont Bacalan, qui doit débuter cette rentrée et s’achever en 2012. Dix ans ne suffisent pas à asseoir des transformations urbaines d’envergure. Une génération sera nécessaire.
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Par Laetitia Rossi