REPORTAGE

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Bordeaux rive gauche : pour tous les goûts, à presque tous les coûts

 
Bordeaux rive gauche : pour tous les goûts, à presque tous les coûts
Dans un quartier résidentiel du Taillan, cette construction de 2004 comprend quatre chambres, orientées sur un jardin de 575 m2 environ. 333.000 €. Square Habitat (05 56 16 79 90).






Bordeaux rive gauche : pour tous les goûts, à presque tous les coûts
Cette réalisation d’architecte de Caudéran, avec jardin et garage, recèle trois chambres. 424.000 €. Luxorimo (05 57 22 61 46).






Bordeaux rive gauche : pour tous les goûts, à presque tous les coûts
Cette demeure bourgeoise, prolongée par un jardin de 150 m2, renferme quatre chambres. 730.000 €. Immobilier Malahar (05 56 08 58 58).






Traditionnellement considérée comme plus facile d’accès, la rive gauche, située
sur la route qui mène au Bassin d’Arcachon et à l’océan, réunit de nombreux adeptes. Si Le Bouscat tient le haut de l’affiche, Saint-Médard-en-Jalles, Le Taillan-Médoc, Saint-Aubin-de-Médoc, Le Haillan et Bruges possèdent aussi des atouts.


Le Bouscat, 23.700 habitants, allie tradition et modernité, un cadre agréable et une qualité de vie de tous les instants. Le PLU limite les hauteurs de construction, tandis que les espaces naturels se multiplient. Le parc Marceau ouvre ses portes, voisinant avec les jardins de Godard, l’Ermitage, la Chêneraie et les 56 ha de l’hippodrome. Les pouvoirs publics ne cessent d’améliorer les axes routiers, qui facilitent le quotidien des riverains, au même titre que les infrastructures d’accueil destinées à la petite enfance comme aux personnes âgées, les équipements sportifs, les écoles réputées ou les commerces du centre et de la Barrière du Médoc. Saint-Médard, 27.000 âmes, se dresse à 13 km de Bordeaux. Urbanisée sur la moitié de son territoire, la commune abrite des forêts, 49 km de pistes cyclables et des terrains militaires. Elle tire, en effet, ses revenus de l’industrie des missiles nucléaires. Les différents quartiers s’articulent ainsi autour de la Société Nationale des Poudres et des Explosifs (SNPE), dite zone interdite. A quelques encablures seulement des grandes maisons viticoles du Médoc, Le Taillan accueille, aujourd’hui, Le Château de la Dame Blanche et le Domaine Chalet de Germignan, alors que la ville de 8600 personnes comptait 82 producteurs il y a encore un siècle. Saint-Aubin s’anime à une vingtaine de kilomètres de la préfecture de la Gironde et à une quarantaine des premières plages. Depuis les années 1970, la population augmente, mue par la proximité des pôles d’activité, axés notamment sur l’aérospatiale. Jadis, les riches familles du cru s’offraient des bourdieux, soit des propriétés agricoles. Au Haillan, certaines sont encore sur pied. Thales Avionics y possède une antenne. Les Girondins sont formés et s’entraînent au Château Bel Air. Tout au long du XXe siècle, Bruges vit de la culture maraîchère. Ponctuée de lacs, la localité, qui héberge 14.000 individus, développe 40 ha d’extérieurs paysagers, alors que la réserve naturelle affiche 270 ha. Le centre culturel polyvalent Treulon attire de nombreux visiteurs.

« Le Bouscat s’inscrit incontestablement comme l’une des cités les plus cotées de la rive gauche, en limite du Parc Bordelais et de Caudéran, de véritables références dans le coin », introduit Pierre Malahar de l’agence Immobilier Malahar. « Dans un premier temps, les acquéreurs potentiels, sensibles à l’excellente réputation, ciblent l’adresse. Certains se rendent compte, ensuite, qu’avec une enveloppe similaire, ils obtiennent de meilleures prestations au Haillan ou au Taillan. Ceux qui restent déboursent 600.000 € pour une maison de plain-pied de 170 m2 à rafraîchir légèrement sur une parcelle de 400 m2 ou 485.000 € contre 140 m2 habitables ouverts sur un jardin de 100 m2, sis à la Barrière du Médoc. Quelques-uns, plus difficiles à satisfaire, peuvent aller jusqu’à 1 M €, la somme requise pour 250 m2 en parfait état sur 1000 m2. » Tous rêvent de vieilles pierres et exigent une qualité de bâti. Pour le professionnel, l’enjeu réel tient à la proposition de bons rapports qualité/prix. En effet, les clients sont désormais parfaitement renseignés et seuls les produits correctement estimés partent sans délai. Les amateurs de collectif, susceptibles de dépenser autour de 3000 €/m2, apprécient les résidences réalisées par Darchand dans les années 1980. Bien orientées, elles profitent d’un écrin de verdure. Hors de ces copropriétés, l’appartement se négocie, selon les charges, autour de 2200 €/m2. « Il arrive qu’une belle unité, orientée sur le Parc Bordelais, avoisine les 4000 €/m2 », précise Jean-Marc Collin de Luxorimo. Sur le haut de gamme, le collectif s’avère aussi dynamique que le segment individuel, qui débute, au Bouscat, à 3000 €/m2 quel que soit l’état. L’essentiel des transactions de maisons porte sur la catégorie allant de 400.000 à 650.000 €. La clientèle est variée, à l’instar de la typologie de biens. Le jeune couple s’intéresse aux échoppes de 85 m2, prolongées par de petits extérieurs, à 250.000 €. Les familles du cru et les mutés préfèrent les maisons de 110 m2 sur 400 m2, fonctionnelles et proches des écoles, à 370-380.000 €, qu’ils revendent, quelques années après, pour quatre ou cinq chambres à 600.000 €, avant d’opter, à condition que leurs moyens le permettent, pour des propriétés au-delà de 800.000 €, une tranche qui n’autorise pas la moindre nuisance. Le Bouscat souffre la comparaison avec le marché de Caudéran, à la différence que le second reste plus étendu.

« L’immense avantage de Saint-Aubin, du Taillan et de Saint-Médard réside dans l’appartenance à la CUB et la proximité de Mérignac, un pourvoyeur d’emplois de première importance », poursuit Philippe Fargeon de Square Habitat. 80 % des acheteurs dépensent entre 220.000 et 350.000 € pour des échoppes ou des bâtisses en lotissement des décennies 1960, 1970 voire 1980. Récemment, une maison de 130 m2, édifiée en 1990 sur un terrain de 1000 m2 avec piscine, trouve preneur à 280.000 €. Le Haillan, une ville de traverse, ne dispose pas d’un centre aussi marqué que les autres localités. Moins active, elle constitue souvent une solution de repli par rapport au Bouscat ou à Saint-Médard. « Bruges fait l’objet, depuis cinq ans déjà, d’une politique municipale de déploiement. En témoigne la part supérieure d’immeubles », explique encore le spécialiste. Les appartements des années 1970, réputés pour leurs faibles charges, remportent un franc succès auprès des primo-accédants. On exige, par exemple, de 120.000 à 130.000 € pour un trois-pièces de 70 m2, tandis que la jumelée de 90 m2, sur une parcelle de 500 m2, quitte les agences contre 230-240.000 €. A budget équivalent, la superficie du jardin tombe à 40 m2 au Bouscat. « L’activité semble recouvrer un rythme satisfaisant sur la rive gauche, même s’il convient de demeurer prudent et d’éviter les conclusions trop hâtives », termine Philippe Fargeon.
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Par Laetitia Rossi