REPORTAGE

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Castres, un marché de primo-accédants

 
Castres, un marché de primo-accédants
Dans un quartier résidentiel de Castres, cette villa offre 155 m2 (trois chambres) dans un jardin de 1200 m2. 260.000 €. L’Agence Castraise (05 63 59 03 41).






Castres, un marché de primo-accédants
Dans le centre de Saint-Paul-Cap-de-Joux, cette maison bourgeoise développe 220 m2 sur une parcelle de 1300 m2 avec piscine. 370.000 €. P&B Patrimoine - Pacfa Immobilier (05 63 51 49 99).






Castres, un marché de primo-accédants
Près de Castres, cette villa de 160 m2 (trois chambres) se dresse sur un terrain clos et arboré de 4500 m2 agrémenté d’une piscine. 349.000 €. P&B Patrimoine - Pacfa Immobilier (05 63 51 49 99).






La Sous-Préfecture du Tarn, réputée pour son musée Goya, héberge 47.650 habitants
à proximité des monts du Sidobre et de la Montagne Noire, à 42 km d’Albi et à 71 km
de Toulouse. Si la qualité de vie ne fait aucun doute, la seule commune hexagonale de cette importance à ne pas bénéficier d’une desserte autoroutière pâtit de sa situation géographique.


En 2006, le gouvernement accepte un projet censé remédier à l’enclavement. Mais à ce jour, il n’existe encore aucune certitude quant à sa réalisation. Castres compose avec Mazamet une communauté d’agglomération de 85.000 individus, agissant pour le développement économique, l’aménagement de l’espace, le respect de l’équilibre social de l’habitat et la mise en œuvre de la politique de la ville. Cette dernière campe surtout « le principal pôle industriel et de recherche privée entre Toulouse, Barcelone et Montpellier ». Le textile côtoie d’autres pourvoyeurs d’emplois, dont les laboratoires Pierre Fabre, Comau Systèmes France ou Sepiprod Groupe Air Liquide. La ZAC du Causse, axée sur la chimie et les technologies de pointe, voit le jour en 2001, non loin de l’aéroport et du futur hôpital. Enfin, 200 entreprises tirent chaque année du Sidobre 150.000 tonnes de granit.

« Les riverains profitent d’un environnement campagnard, de la gratuité des bus et de toutes les commodités nécessaires au quotidien, dont de belles infrastructures sportives », se réjouit Nicolas Marcou de L’Agence Castraise. Le spécialiste date les premiers signes de reprise en novembre 2009. Les primo-accédants, soit 40 % des actuels acheteurs, dépensent, généralement, de 150.000 à 220.000 €. L’enveloppe leur permet d’obtenir une maison de ville de 100-120 m2 sur la route de Toulouse, tandis qu’un trois-pièces irréprochable de 68 m2 sis en plein centre vaut 100.000 € et que 100 m2 au sein d’une résidence avec garage et ascenseur édifiée dans le même quartier partent à 200.000 €. Les 20 % d’investisseurs, issus de tout le pays, paient 50-70.000 € un T2 ou un petit T3 et 200.000 € un immeuble à pourvoir en intégralité. La rentabilité oscille en moyenne de 7 à 7,5 %, osant parfois des pointes à 8,5 %, un excellent niveau au regard de la réalité nationale. Certains, désireux de privilégier à terme la valorisation du patrimoine, préfèrent consentir quelques efforts sur le retour locatif. Les résidents occasionnels, plus timides qu’en 2006 et 2007, ne dépassent pas les 5 %. Amateurs de tourisme de montagne, ils ciblent des bâtisses en pierres de 100-150 m2, ouvertes sur des jardins, construites à 30 mn maximum de Castres, une denrée négociée autour de 150.000 €. Les retraités espèrent se rapprocher du cœur historique, alors que les actifs, soucieux de s’agrandir ou d’améliorer leur cadre de vie, reviennent peu à peu. Si le produit central en excellent état n’a pas subi de baisse considérable, le bien à rénover de la périphérie a perdu de 10 à 20 % de sa valeur.

« La diminution des taux d’intérêt, le doublement du prêt à taux 0 et la stabilisation des prix favorisent le redémarrage de l’activité », poursuit Bruno Maurel de P&B Patrimoine - Pacfa Immobilier. L’axe Castres-Toulouse, autrement dit la communauté de communes de Sor et Agout connue pour sa base de loisirs et la réserve ornithologique naturelle de Cambounet-sur-le-Sor, justifie un véritable engouement qui pourrait justement se trouver renforcé par la création de l’autoroute. Le centre suscite également un certain succès, à l’instar de l’Albinque. De même que la Montagne, Brassac et Lacrouzette réunissent des adeptes du cadre et des tarifs accessibles. Sur Castres, les T2 et les T3 se monnaient 1500 €/m2, 1800 €/m2 dans le cœur de la patrie de Jean Jaurès. Les terrains des extérieurs vont de 35 à 60 €/m2 selon la viabilisation, des coûts augmentés de 10-15 % en direction de la capitale de Midi-Pyrénées. Compter, enfin, 100 €/m2 dans les lotissements castrais. Les maisons de 80 à 100 m2 à restaurer évoluent de 35.000 à 55.000 € en milieu rural, de 60.000 à 90.000 € sur l’intramuros. L’unité classique de 90 m2 (trois chambres) flirte avec les 100.000 €. « Hors des frontières de la commune, 110 m2 de plain-pied valent de 170.000 à 210.000 €, quand une belle villa de 150 m2 sur une parcelle généreuse excède facilement les 250.000 € », précise encore le professionnel, convaincu que des mesures énergiques seraient souhaitables pour relancer durablement le marché de l’ancien.
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Par Laetitia Rossi