L’ancien siège épiscopal de la vallée de la Durance arbore tous les attributs d’une ville en mutation. Située à 24 km d’Avignon et à 59 km d’Aix-en-Provence, la commune de près de 26.000 habitants présente un marché immobilier assaini et des prix encore accessibles en comparaison des autres bourgades du parc naturel régional du Luberon.
Considérée comme la capitale du melon,
Cavaillon s’épanouit au pied de la colline Saint-Jacques,
un relief qui regarde le Luberon à l’est et les Alpilles au sud-ouest. Desservie par l’autoroute A7, elle dispose d’une gare en centre-ville, mais aussi d’un tissu commercial fourni, d’un MIN, d’une antenne de la chambre de commerce et d’industrie, d’un secteur santé performant, de bons établissements scolaires et d’infrastructures sportives et culturelles de qualité, dont un théâtre national, une médiathèque et une école de musique. Les édifices d’origine médiévale tiennent la dragée haute aux vestiges romains. Celle qui s’apprête à recevoir une piste cyclable de 100 km rejoignant
Forcalquier prend un essor différent en 1837, avec la construction du pont de la Durance. Grâce à l’abondance de l’eau et à la mise en place d’un système d’irrigation cohérent, le sol semble tout indiqué pour la culture maraîchère et viticole. Cernée de villages perchés de toute beauté et de chemins de randonnée, Cavaillon travaille à l’accroissement de l’offre touristique.
« Malgré un patrimoine architectural généreux, la situation reste tendue : les acquéreurs multiplient les offres audacieuses dans l’espoir de réaliser un coup de fusil ; les vendeurs résistent, convaincus que la sortie de tunnel est imminente », introduisent Patricia Deprez et Mario de Nitto d’Antiqu’Immo Luberon. Si les locaux paient en moyenne 200.000 € une jumelée ou une maison de ville prolongée par un petit extérieur, Belges et Parisiens engagent de 450.000 à 800.000 € dans un bien de villégiature, qu’ils entendent habiter à plein temps la retraite venue. Mus par l’effet TGV, ils s’intéressent couramment à la maison d’hôte. Les moins pourvus visitent cette villa standard de la colline Saint-Jacques à 490.000 €, quand un mas de 200 m2 sur une parcelle de 2000 m2 avec piscine et dépendance coûte 530.000 € et une propriété de 300 m2, en excellent état, sur 1,6 ha, 890.000 €. Les budgets excèdent rarement 1,5 M €. D’ailleurs, Cavaillon constitue une solution de repli à l’attention de ceux qui n’auraient pas les moyens du Triangle d’Or, formé par
Gordes,
Ménerbes et
Bonnieux.
« En position dominante, Vidauque et Saint-Jacques restent les quartiers phares », décrivent Aïchouche Sari et Mireille Trousse de
Cheval-Blanc Immobilier. Les amateurs de paysages bucoliques peuvent toujours prendre la direction du bourg dynamique situé à 4 km de là. Le Luberon se dresse directement à l’est des lieux-dits de Cassouillet et de Saint-Ferreol. Ultra prisée, l’adresse, au point de départ des balades, affiche des différences de prix avec sa voisine de l’ordre de 10 %. La maison de village, une denrée soumise à forte pénurie, oscille de 250.000 à 500.000 €, à l’instar de la bâtisse récente en campagne, tandis que le mas va jusqu’à 1,5 M €. Les professionnelles évoquent la vente de deux habitations agricoles des XVIIIe et XIXe siècles, 80 et 120 m2 à rafraîchir, sur un terrain de 3000 m2, moyennant 400.000 €.
« Eligible en Loi Scellier, contrairement à l’
Isle-sur-la-Sorgue, Cavaillon fait les yeux doux aux investisseurs, qui partagent les programmes avec les primo-accédants de la région incités par des mesures attractives dont le prêt à taux 0 », poursuit Olivier Robin des Parcs du Luberon. Pour des produits de qualité, la demande locative est soutenue et la rentabilité brute atteint 5 %, hors perspectives de défiscalisation. Outre un ensemble central d’une vingtaine de logements, les acheteurs attendent la troisième tranche des Parcs du Luberon. 126 appartements sont déjà sortis de terre, le trois-pièces flirtant avec les 160.000 €. La construction de 96 unités supplémentaires devrait débuter en 2012 pour une livraison deux ans plus tard. Autour de la résidence, construite à 800 mètres du cœur de la cité, le projet urbain prévoit une maison senior, 4500 m2 de bureaux, un lotissement individuel et un hôtel. Légèrement en périphérie de l’animation, le site concurrence l’hyper centre, où se pose un problème chronique de stationnement. Après un recul des valeurs, sur le marché de la revente comme du neuf, l’activité retrouve une certaine vigueur, observée dès le mois de septembre. Olivier Robin s’avoue optimiste : « Entre les plans de dynamisation et l’édification du deuxième pont, censé désengorger le trafic à l’entrée de la Vauclusienne, l’avenir est plein de promesses à moyen terme - en témoigne l’intérêt de Lafarge pour la zone industrielle ».