REPORTAGE

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Céret, Le Boulou et Amélie-les-Bains, au cœur du Vallespir

 
Céret, Le Boulou et Amélie-les-Bains, au cœur du Vallespir
Près du Boulou, cette villa récente aux prestations de qualité affiche 278 m2 (six chambres et autant de salles d’eau), auxquels s’ajoutent des dépendances, dans un jardin de 2400 m2. 635.000 €. L’Agence Immobilière Languedoc-Roussillon (04 68 83 42 54).






Céret, Le Boulou et Amélie-les-Bains, au cœur du Vallespir
A quelques encablures de Céret, cette villa climatisée quatre faces renferme 179 m2 sur un terrain de 5907 m2. Exposée au sud, elle bénéficie de finitions haut de gamme, d’une belle vue et d’un environnement paisible. 660.000 €. Immo-Service (04 68 87 10 10).






Céret, Le Boulou et Amélie-les-Bains, au cœur du Vallespir
Dans la région de Céret, cette villa de grand standing se dresse sur un terrain de 6000 m2. 895.000 €. Société Immobilière Arlésienne (04 68 83 43 00).






Les trois communes présentent un immobilier accessible aux portes de Perpignan et un microclimat permis par la proximité immédiate des premiers contreforts des Pyrénées. Autochtones, seniors et curistes se partagent le secteur.


Traversée par Le Tech, Céret abrite 7600 habitants. La capitale de la cerise doit sa réputation au fruit, qu’elle ne manque pas de célébrer chaque année, aux corridas, incontournables durant la féria de juillet, et au musée d’art moderne, apprécié des connaisseurs. Pablo Picasso, Max Jacob, Georges Braque, Chaïm Soutine et André Eulry ont donné, au sein de la cité, la pleine mesure de leur talent. La sous-préfecture des P-O renferme également une antenne de la chambre de commerce et d’industrie. Protégée des vents par la chaîne des Albères, Le Boulou, 5070 âmes, bénéficie d’une eau de qualité, découverte au IXe siècle et exploitée depuis la fin du XIXe pour le traitement des maladies cardio-artérielles, des affections digestives, des migraines et des allergies alimentaires. En matière de thermalisme, Amélie, 3660 riverains, n’a rien à lui envier. Spécialisée en rhumatologie et voies respiratoires, elle accueille les bains d’Arles, dont la jouissance remonte à l’occupation romaine. Si on ne le voit pas, le pic du Canigou se dresse juste derrière. De l’époque médiévale, Palalda conserve l’esprit architectural, les fortifications et l’église Saint-Martin. La route départementale 115, établissant la jonction entre la localité et la plaine littorale, devrait faire l’objet de travaux au cours de la prochaine décennie.

« Pendant longtemps, l’économie de Céret repose sur le liège et l’agriculture. Aujourd’hui, les industries du bouchon ont grandement délocalisé leur production, tandis que la cerise et le vin souffrent du non renouvellement des exploitants parmi les jeunes générations. Le tourisme campe une alternative salutaire », décrit Jean-Pierre Quintana d’Immo-Service. Les acquéreurs de secondaire, soit 30 % de la masse totale, arrivent toujours d’Europe du Nord, mais dans des proportions moindres. Les Anglo-Saxons, peu avantagés par le taux de change, n’hésitent pas à vendre. Les retraités, friands du climat, représentent 50 %, contre 30 % de gens du cru désireux de demeurer en Vallespir. La maison de village sans extérieur démarre à 100.000 € et la deux-faces, à 200.000 €. Les objets jusqu’à 250.000 € trouvent preneurs, à condition de ne pas sombrer dans la surestimation. La gamme au-delà subit de plein fouet la désaffection des étrangers. La demande reste soutenue, mais s’avère souvent conditionnée à une revente, d’où des concrétisations chronophages et laborieuses.

« Seulement 22 km séparent Le Boulou de la Méditerranée. Les Pyrénées s’élèvent à quelques encablures, la frontière espagnole, à 10 km, et Perpignan, à 15 mn de voiture. Les vues sur le Canigou autorisent de véritables paysages de carte postale », s’enthousiasment Marie-Noëlle et Eric Rozé de l’Agence Immobilière Languedoc-Roussillon. Les retraités affluent. Certains injectent 400.000 € dans une villa récente de 150 m2 sur une parcelle arborée de 600 m2 agrémentée d’une piscine. Les actifs de Perpignan, primo accédants dans la plupart des cas, paient 158.000 € un T3 de 76 m2 ouvert sur un espace extérieur de 50 m2 ou 241.000 €, une bâtisse de 78 m2 sur 500 m2. A bien équivalent, les grilles tarifaires témoignent d’une différence de 15-20 % comparées aux valeurs observées dans la Préfecture. Si la situation n’est pas alarmiste, Eric Rozé précise que l’activité n’a pas encore recouvré une vitesse de croisière stable.

« Amélie-les-Bains arbore un marché très particulier », poursuit Cédric Roca de la Société Immobilière Arlésienne. En témoignent les spécificités du parc, largement orienté sur la petite surface. Jadis acquises en tant que placements locatifs, ces superficies réduites sont occupées ponctuellement par les curistes. La papeterie s’inscrit comme le plus important employeur du coin. La majorité des acheteurs, disposés à engager 250.000 € maximum, travaille dans l’agglomération perpignanaise. Ils déboursent cette somme pour une individuelle de 130 m2 sur un terrain de 500 m2, lorsqu’une jumelée de 70 m2 habitables sur 370 m2 vaut 168.000 € et qu’un appartement se négocie de 30.000 à 170.000 €, le prix d’un T4 de 100 m2. Quelques-uns, prêts à effectuer des déplacements pédestres, préfèrent Palalda, le bâti de caractère et les vues dominantes sur Amélie. Une maison de village de quatre pièces, à laquelle s’ajoute une grande terrasse, vient de changer de mains moyennant 110.000 €.

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Par Laetitia Rossi