REPORTAGE

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Chambéry : l’appartement atterrit en douceur

 
Chambéry : l’appartement atterrit en douceur
A Chambéry-le-Haut, ce trois-pièces en très bon état développe 70 m2 habitables, ouverts sur une terrasse face aux montagnes.149.000 €. Sun City Street (04 79 25 05 11).






Chambéry : l’appartement atterrit en douceur
A Bissy, ce T4 avec balcons, cave et garage totalise 90 m2. 210.000 €. Zen Immobilier (04 79 75 41 38).






Chambéry : l’appartement atterrit en douceur
« Cityciel » abrite des T3 et des T4 de 74 à 86 m2, sis à quelques minutes de marche du centre de Chambéry. A partir de 248.000 €. Nexity George V (0800 10 3000).






L’aire urbaine, qui reçoit chaque année 1300 nouveaux habitants, abrite
90 % de résidences principales, 82 % d’appartements dont 70 % de trois-, quatre- ou
cinq-pièces. Les professionnels passent au crible le segment collectif au sein
de la préfecture de Savoie.


Si l’agglomération compte 126.000 individus, Chambéry en accueille 57.450. Le centre ancien du « carrefour alpin de l’Europe » se caractérise par ses traboules et ses ruelles médiévales, partiellement bombardées en 1944. Au cours des décennies qui suivent la Seconde Guerre Mondiale, des quartiers nouveaux voient le jour, à l’instar du Biollay. Longtemps liée aux administrations, l’économie locale se diversifie à partir des années 1960, de l’intégration de Bissy et de Chambéry-le-Vieux et de la création de zones industrielles. L’accroissement démographique date justement de cette époque et puise un second souffle dans l’installation, en 1979, de l’Université de Savoie et, par la même occasion, d’une population étudiante. Les nombreux Italiens confèrent un caractère international à la commune voisine de Lyon (101 km), Genève (85 km), Grenoble (57 km) et Annecy (49 km). De 1970 à 2000, le parc immobilier double de volume. Jusqu’en 2006, la ville se dote, tous les ans, de 730 logements supplémentaires. La vague de construction touche même les espaces publics. La salle de spectacle Le Phare ouvre ses portes en 2009. Les Halles, censées receler une galerie commerciale et un cinéma, sont actuellement en travaux.

Sur le marché, Jérôme Stefani de Zen Immobilier note une offre restreinte de studios, de T2 et, de manière générale, de produits susceptibles d’intéresser les investisseurs qui pourraient représenter une part bien plus importante des acquéreurs. Si le mètre carré chambérien se monnaie en moyenne autour de 2400 €, le collectif affiche d’importantes disparités selon les surfaces : les petites se négocient parfois 3000 €/m2, tandis que les grandes peuvent retomber à 2000 €/m2. Recherchés par les cadres, les professions libérales et les fringants seniors, les généreuses superficies du cœur historique, commercialisées aux environs de 250.000 €, remportent un franc succès. Le cachet et la qualité du bâti compensent le manque d’ascenseur, d’extérieur et de stationnement. Située à 5 mn de marche du centre, la partie haute du secteur de la préfecture renferme des logements plus récents et très confortables, au même titre que les Charmettes d’ailleurs. Jean-Jaurès, qui bénéficie de balcons et de quelques jolies vues sur les montagnes, ne provoque pas le même engouement que par le passé, les barres d’immeubles ne faisant plus du tout l’unanimité. Généralement, les acheteurs engagent 120.000 € pour un T2, 170.000 € contre un T3 et 200.000 € dans un T4 de 90 m2 avec terrasse et garage. Au-delà de 250.000 €, la plupart préfèrent l’indépendance de la maison. Plus qu’une débâcle, le spécialiste évoque un atterrissage des prix, un retour salutaire aux niveaux d’estimation, un différentiel entre les valeurs affichées et actées de 15-20 %. Même si elle cherche encore sa vitesse de croisière, l’activité reprend peu à peu ses droits.

« Oubliés les grands ensembles, les copropriétés intimes ont désormais le vent en poupe », précise Véronique Jouglas de Sun City Street. Malgré la Loi Scellier, le neuf ne recouvre pas son succès d’avant crise, sans doute parce que les barèmes demeurent élevés. Beaucoup préfèrent, en effet, l’ancien, moins cher et plus malléable du point de vue de l’agencement. Aux prises avec des budgets relativement serrés, de l’ordre de 120-130.000 €, les primo-accédants reviennent en force. Véronique Jouglas décrit des solutions parfois inattendues, comme la division de cette maison en trois lots de 68 m2 chacun cédés 115.000 €. Certaines adresses inspirent des préjugés peu fondés. C’est le cas de Chambéry-le-Haut qui allie pourtant volumes généreux et tarifs défiant toute concurrence. Ainsi, 88 m2 habitables en excellent état, prolongés par un jardin, trouvent preneur à 142.000 €. Les riverains des Châtaigniers acceptent, par exemple, de changer d’appartement, mais pas de secteur, en dépit des nombreux a priori. « Autant d’idées reçues que la pratique du terrain vous convainc de balayer », conclut la responsable de Sun City Street, persuadée que la cote de la Savoie, en général, et de Chambéry en particulier a de belles heures devant elle.
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Par Laetitia Rossi