Située dans la province du Labourd, Hendaye se heurte, au nord, sur le golfe
de Gascogne, au sud, sur la Bidassoa, et à l’ouest, sur la baie de Chingoudy, soit la frontière naturelle entre la France et l’Espagne. Après 18 mois de crise,
le marché semble recouvrer son souffle… Avec de nouveaux tarifs et
une clientèle quelque peu différente.
La belle basque arbore 3,5 km de plage, la plus longue de la côte, et pas moins de cinq secteurs distincts. La station balnéaire abrite le fameux centre de thalassothérapie Serge Blanco, de nombreux restaurants, le départ du GR10 qui traverse les Pyrénées et le troisième port de plaisance d’Aquitaine avec une capacité d’accueil de 850 bateaux. Place, ensuite, à l’environnement immédiat de la gare, au village orienté sur la baie de Chingoudy, aux Joncaux réputé pour sa zone industrielle, à Lissardy, l’Empereur et Orio, soit les hauteurs résidentielles, et, enfin, aux Bas-quartiers, recelant les maisons de ville anciennes. Les services étatiques, liés à la présence de la frontière, participent de l’économie locale, au même titre que les parcs d’activités Joncaux et Dorrondeguy. Tribord, la marque d’eau de Décathlon, fabrique ses produits sur le port depuis six ans déjà, tandis que le tourisme, amorcé ici dès la fin du XIXe siècle, représente près de 16 % de la richesse totale. La localité possède tous les commerces et les services nécessaires au quotidiens des 14.000 habitants, parmi lesquels les établissements scolaires jusqu’au lycée.
« La plage, le front de mer et la baie de Chingoudy restent des adresses privilégiées et recherchées », introduisent Christine Laguillon de l’Agence Laguillon et Sylvie Lafenêtre d’Argoyti Immobilier. Le mètre carré vaut en moyenne 5000 €, une somme impliquant l’accès pédestre à l’océan, mais pas le panorama azur. Bordelais, Toulousains, Palois et Parisiens s’intéressent aux T2 et aux T3, lorsque quelques rares Espagnols, pourvus de 1 M €, acquièrent, au cours des derniers mois, des villas à rafraîchir. Le centre et la gare suscitent, auprès des autochtones, un engouement nouveau. Ils apprécient de pouvoir faire leurs courses ou de bénéficier des transports en commun sans nécessairement recourir à leur véhicule. Beaucoup utilisent le topo, le métro aérien qui rallie Saint-Sébastien en 35 mn seulement. Jusqu’en 2008, 80 % des acheteurs sont d’origine ibérique. Ils font place, aujourd’hui, aux Hendayais, profitant des 25 % de baisse de prix pour devenir propriétaires. Dans le coin, un T2 vaut 140.000 €, et un T3, 180.000 e. Sur les hauteurs, l’essentiel des récentes transactions concerne des maisons de 80 m2 à rénover sur des parcelles de 500 m2 à 280-300.000 €. De manière générale, la demande sur le segment individuel ne dépasse pas 500.000 €. Même les loyers subissent une correction, d’où l’importance pour les investisseurs de cibler un bel emplacement afin de garantir la location et, à terme, la valeur de revente.
« Ces derniers ne se bousculent pas », complètent Lurdes Ugalde de Century 21 Agence Donibane. « En effet, les programmes, certes éligibles à la loi Scellier, demeurent restreints. Quant à la rentabilité, elle oscille entre 3,5 et 4,5 %. » 80 % des clients effectuent un achat principal, avançant des budgets de 220-240.000 e contre un T4, de 280-300.000 € pour une jumelée de 90 m2, ouverte sur un extérieur de 100 m2, et 400.000 e dans le cas d’une bâtisse classique de 120 m2, édifiée au sein d’un jardin de 600 m2. La moitié arrive d’Espagne, un pays où l’immobilier s’avère élevé en dépit des tensions économiques et sclérosé par l’attentisme des propriétaires. Les amateurs de secondaire, encore timides malgré la reprise débutée fin 2009, dépensent de 150.000 à 220.000 € pour un coquet pied-à-terre bien placé, de façon à, non seulement, retirer le plaisir de son usage mais aussi les bénéfices d’une éventuelle exploitation saisonnière. Si la vue mer remporte un franc succès, elle atteint 8000 €/m2, soit 3000 €/m2 de plus à produit équivalent. Les spécialistes s’accordent sur le redémarrage, sans euphorie aucune. Riche des enseignements des 18 mois passés, elles appellent à la prudence et au professionnalisme.