Préservé par le label Parc Naturel Régional depuis juillet 2006, le massif montagneux s’étend sur 25 km, entre les vallées du Rhône et de la Durance, au nord-ouest du 13, à moins d’une heure de route de Marseille. Cap sur une destination aussi authentique que chic…
Si le temps semble s’être arrêté dans les Alpilles, elles n’en demeurent pas moins accessibles. A 20 km seulement de la gare TGV d’Avignon, le relief recouvert de garrigues, de pins, de chênes, d’oliviers et de petits ruisseaux, appelés « les gaudres », se dresse non loin des aéroports de
Marignane et de Nîmes. Les autoroutes A7 (Lyon-Marseille) et A54 (Nîmes-Salon-de-Provence) passent tout près, alors que l’A9 (Orange-Montpellier-Perpignan) se trouve à 20 km. Les Alpilles campent le pays des écrivains, dont Alphonse Daudet et Frédéric Mistral, des artistes, parmi lesquels le très inspiré Van Gogh, et du vin AOC les Coteaux des Baux-de-Provence. Le legs architectural est tout aussi riche ; en témoignent Les Antiques à Saint-Rémy, l’abbaye de Montmajour, les chapelles et les églises romanes du côté de Saint-Etienne-du-Grès ou la citadelle médiévale des Baux. On célèbre la transhumance, la charrette et les jeux taurins, mais surtout l’art de vivre au quotidien. Ce coin de Provence est fier de son histoire, attaché à ses traditions et respectueux de son identité.
« Qu’il s’agisse de
Maussane et du Paradou au sud, des Baux, de Saint-Rémy ou d’
Eygalières au centre, ces communes cristallisent un engouement similaire et justifient des tarifs comparables, légèrement supérieurs aux prix de Mouriès, Fontvieille, Saint-Etienne-du-Grès,
Maillane, Eyragues, Gravezon et Aureille », débute Yannick Bouteloup d’
Happy Immobilier. Si les visites effectuées en 2009 n’aboutissent qu’à partir de la rentrée de septembre, le printemps 2010 s’avère prometteur. Le bien exceptionnel n’offre que peu de marge de négociation, lorsque le produit standard suscite des discussions âpres et souvent un rabais de 10-20 % par rapport aux valeurs « actées » en janvier 2008. Pour le professionnel, la majorité des demandes évolue, actuellement, entre 300.000 et 500.000 € et concerne la résidence principale. Exerçant sur place, à
Avignon,
Arles,
Fos-sur-Mer ou
Istres, soit dans un rayon de 40 km maximum autour des Alpilles, les actifs locaux achètent, par exemple, cette villa provençale de 160 m2 en bon état sur un terrain de 1120 m2 à Aureille, commercialisée 500.000 €, ou ce mas à rénover de 130 m2 sur une parcelle de 465 m2 du côté de Maussane, vendu 420.000 €. En résidence secondaire, les budgets s’échelonnent de 130.000 €, la somme exigée pour une maisonnette de 40 m2 ouverte sur un jardin dans une résidence avec piscine et tennis, à 1,3 M €, l’enveloppe requise contre un mas restauré de 550 m2 sur 4 ha. Au-delà de 1,5 M €, les acquéreurs potentiels paraissent encore frileux, échaudés sans doute par la brutalité de la crise et la débâcle sur le front boursier. Français, Belges, Hollandais, Anglais et Suisses raffolent toujours autant de la petite montagne. Yannick Bouteloup reconnaît à Maussane, comme aux Baux et à Saint-Rémy d’ailleurs, un charme certain. La localité profite en plus d’une végétation méditerranéenne et de la proximité de deux golfs. Les maisons d’hôtes, les hôtels et les restaurants de renom portent haut ses couleurs.
« L’activité semble, certes, redémarrer, mais les rythmes observent une courbe toujours en dent de scie », regrette Laurence Boscolo d’
Alpilles Luberon Immobilier. A l’inverse du responsable d’Happy, la spécialiste signe 80 % des affaires avec des résidents occasionnels. Elles oscillent de 700.000 à 2,2 M € et ne nécessitent pas l’appui financier des banques. Les nantis considèrent, en effet, que la pierre reste une valeur-refuge, au même titre que les Alpilles s’inscrivent comme une adresse sûre. Installée sur Eygalière, elle remarque un taux de rotation moindre et un réel maintien des prix au sein d’un marché confidentiel et paisible, épargné par le tourisme de masse. Là, point de lotissement ou de collectif. Le ticket d’entrée commence à 300.000 €, un montant autorisant une maison de village de 130 m2 prolongée par une terrasse de 20 m2. Le télétravail et la faible distance séparant le bourg de la gare TGV, qui met Paris à 2h40 de train auxquels s’ajoutent 30 mn de voiture, favorisent l’installation de certains Franciliens en semi principal. « La réputation de Saint-Rémy dépasse largement les frontières du département, voire du pays. Et la tendance à l’homogénéisation n’y change rien », précise Julia Braille d’
AJC Immobilier. Jouissant d’une situation centrale dans le triangle d’or, la ville à taille humaine ne souffre pas de la saisonnalité. La demande est systématiquement supérieure à l’offre, tant sur le segment de la bâtisse ancienne en milieu urbain que sur celui, ultra prisé, du mas en périphérie. Certains acceptent de reporter leurs prétentions sur des destinations voisines. Pour beaucoup de Parisiens, il est désormais plus aisé de rejoindre son fief en Provence que la Normandie, dont la route est fort fréquentée les vendredis et dimanches soirs.