Sur dix clients, sept recherchent un trois-pièces au sein de la prestigieuse collectivité. La jolie océane, étape incontournable des amateurs de glisse, doit son caractère international à un aéroport hyper actif, un golf illustre, des établissements de thalassothérapie réputés, des hôtels et des boutiques de prestige.
Les verdoyantes collines s’évanouissent dans l’Atlantique, tandis que le bâti évoque les belles heures de la destination, un temps où Napoléon III présidait à la construction de l’Hôtel du Palais. Les 120 hectares d’espaces boisés tutoient les falaises, la Grande Plage, la Côte des Basques ou le Port-Vieux. Le fameux rocher percé dit de la Vierge s’inscrit comme un symbole, reconnu par les surfeurs du monde entier depuis que Peter Viertel a introduit la pratique sportive dans la région. De Victor Hugo à Sacha Guitry, tous cèdent au charme de la commune qui compte désormais 30.000 habitants.
« Jusqu’en avril 2009, le marché reste tendu, la demande, limitée, la prise de décision, difficile, et la négociation, systématique », révèle Jean Anetas de
Mateilles Immobilier. Certains segments, dont la petite surface aux valeurs prohibitives ou la maison en périphérie, subissent de plein fouet la désaffection du public. Si le niveau d’exigence se maintient, les acquéreurs paraissent, aujourd’hui, plus détendus. Le T3 séduit les seniors extérieurs au département bien décidés à s’y installer, soit 25 % des acheteurs, et les résidents occasionnels friands d’adresses centrales, représentant les deux tiers. Lorsqu’on leur soumet les grilles tarifaires, beaucoup revoient leurs prétentions à la baisse et acceptent de s’éloigner des lieux de baignade. Une part infime d’autochtones rejoignent l’intra-muros suite à la vente de leur villa. Cependant, la plupart font jouer la concurrence des programmes neufs situés dans les localités voisines, traditionnellement moins onéreuses. Une première ou une seconde ligne, associée à de magnifiques prestations, peut atteindre 10.000 €/m2. Un produit basique avec une vue mer lointaine oscille entre 3500 et 4800 €/m2, de 3300 à 3800 €/m2 si l’océan ne s’invite pas dans le décor. Une résidence de grand standing, équipée de terrasses et de garages, vaut, dans le cœur historique, 5500 €/m2. Le ratio de la maison de ville, une denrée en vogue, est inférieur à celui de l’appartement, sans que cela ne nuise au dynamisme de ce dernier. Ces barèmes dissuadent les investisseurs, convaincus de ne retirer que de faibles rentabilités. A l’instar de
Saint-Jean-de-Luz,
Biarritz appelle davantage à une notion de placement-plaisir.
« La proximité de la plage du Miramar et des commerces profite à Saint-Charles, négocié 5000-6000 €/m2 », poursuit Angel Sanchez d’
Angel Biarritz Immobilier. Prêts à payer 7000 €/m2, ceux qui apprécient l’ambiance balnéaire choisissent la Côte des Basques et Beaurivage. Le bar Les 100 Marches affiche d’ailleurs complet en juillet et août. Le centre, qui s’articule autour de la place Clemenceau, et Les Halles, où se succèdent cafés et boutiques, abritent de prestigieux immeubles à 5000-6000 €/m2. Sur Biarritz sud, Milady, estimé aux alentours de 5000 €/m2, bénéficie d’une sublime étendue de sable et d’une nature généreuse. La jet-set plébiscite le golf et Le Blue Cargo, un restaurant pied dans l’eau. Enfin, le quartier du Phare réunit des adeptes. A deux pas des greens, quelques immeubles à 4500-5000 €/m2 côtoient de nombreuses villas commercialisées, en général, de 800.000 à 1,5 M d’euros. Les congressistes, parfaitement répartis sur le calendrier, contribuent au succès de la destination basque.
Dès juin, Michel Pastre de
Finance et Futur Immobilier note un regain d’intérêt, survenu après une baisse sensible des prix et des taux d’emprunt. A l’heure actuelle, les Espagnols vendent et les Anglo-saxons effectuent un retour timide. Une poignée de Russes en quête de luxe honore le lien ancestral établi entre la communauté et la ville de BAB, quand les Français demeurent majoritaires. Deux gammes tirent leur épingle du jeu : les T2/3 entre 300 et 500.000 € et le collectif à 1 M d’euros. Pourvus d’un tel montant, les intéressés exigent une artère élégante sise entre le casino et Saint-Charles et surtout une vue mer. L’intermédiaire est à la peine, faute de cible. La Côte d’Azur, riche en magasins et établissements branchés, pourrait faire de l’ombre à Biarritz, qui lui rétorque par la qualité de vie et la sécurité. Si le professionnel ne dissimule plus son optimisme, il admet manquer de visibilité à court terme.