En 2008, la technopôle, créée il y a quatre décennies, accueille 5000 étudiants, 4000 chercheurs du secteur public et 1414 entreprises, génératrices de 30.000 emplois, dont 54 % enrichis d’un statut cadre. Parfaitement intégré au paysage naturel, l’ensemble de béton, de verre et de métal reçoit chaque jour des milliers de personnes.
Dès l’origine, le programme, prévu sur 2400 hectares, a pu compter sur l’appui du département, de l’état, de la région et des cinq communes concernées initialement,
Biot,
Valbonne,
Mougins,
Vallauris et
Antibes. Quatre autres villes participent, aujourd’hui, au projet d’extension :
Villeneuve-Loubet,
La Colle-sur-Loup,
Opio et
Roquefort-les-Pins. Ensembles, elles forment la Communauté d’Agglomérations de Sophia-Antipolis (CASA). « Parmi les actifs sophipolitains, souvent étrangers aux Alpes-Maritimes, le tiers achète un produit immobilier pour la première fois. Leur situation professionnelle leur permet de briguer un appartement, une jumelée ou un pavillon indépendant en lotissement entre 300.000 et 400.000 € », introduit Jalila Harati de
Bienvenue.fr. Les copropriétés de Saint-Philippe âgées de moins de dix ans, construites face au golf, se négocient 5000 €/m2. Au même endroit, une maison de 80 m2 sur une parcelle de 400 m2 dans un domaine avec piscine, vient de partir aux environs de 500.000 €. La pénurie frappant le locatif, déjà onéreux - compter 15-20 €/m2/mois sur le segment individuel - , explique le niveau élevé de prix. Les 70 % restants recherchent une villa. Depuis l’annonce de la crise, le périmètre se restreint. Aux volumes généreux du Pays grassois, ils préfèrent désormais la proximité du lieu de travail, des écoles, des cœurs de village animés, de l’aéroport international et du littoral, sis à seulement 20 mn de voiture. Valbonne arrive en tête de liste, suivi par Biot et Mougins qui possèdent une longueur d’avance sur Opio,
Le Rouret, Roquefort et
Châteauneuf. Davantage tournée vers les milieux urbains que vers les espaces bucoliques, la clientèle antiboise présente des exigences et un profil différents. Bienvenue.fr propose 450 références dans un rayon de 30 km autour de Sophia. Jalila Harati évoque la vente récente d’une unité contemporaine de 180 m2, en parfaite condition, sur un terrain de 1700 m2, à 970.000 €, ou de 200 m2 sur 2000 m2, agrémentés d’une piscine et ouverts sur les sommets alpins, à 1,1 M €. Les Anglo-saxons plébiscitent tout bien jouissant d’un accès pédestre au centre de Valbonne, une denrée rare et chère. A l’exception des cadres dirigeants, les travailleurs de Sophia vont peu au-delà du million d’euros. Des incursions qu’osent les Monégasques, les Belges, les Suisses, les Allemands et les Scandinaves. Ces populations s’offrent une résidence secondaire, une retraite au soleil ou tout simplement un investissement locatif exploité selon un rythme saisonnier.
« Sur la masse des clients prêts à injecter de 800.000 à 1 M € dans la CASA, 25 % sont employés par la technopôle », précise Nathalie Chalion d’
Arthur Amilton. On peut comparer le secteur de Valbonne à l’arrière-pays cannois des années 1990. Le premier se développe aussi grâce à la saturation du second. Si la création du site a des répercussions positives sur les collectivités limitrophes, dont la qualité des axes routiers, la multiplication des infrastructures d’accueil et de loisirs ou encore l’importance des budgets communaux, elle ne suffit pas à justifier complètement l’engouement pour l’adresse. Outre un environnement paisible et verdoyant, la région abrite deux écoles internationales de renom. De nombreux Européens n’ont pas hésité à y installer leurs familles, quitte à effectuer les allers-retours avec leur base, autant de voyages facilités par la mise en place de systèmes lowcost au départ de
Nice.