Ponctuée d’immeubles de standing et de luxueuses villas aux façades néogothiques, orientales, Art déco ou franchement contemporaines, l’adresse, une enclave verdoyante à souhait délicatement penchée sur la Méditerranée, fait les yeux doux aux nantis de la planète.
La Californie correspond à la partie sud de la colline de Super Cannes, située à l’est de la Cité des Festivals. Elle s’étend de Maréchal-Juin à La Tropicale et de l’avenue de Vallauris à la frontière avec Golfe-Juan », définit Jean-Christophe Hym d’Europa. Certains emploient la terminologie pour les secteurs environnants. Il convient de distinguer, ensuite, la basse Californie, moins onéreuse, du reste, soit la zone comprise entre Maréchal-Juin et Alexandre-III, un espace plat, urbanisé et souvent privé de vue mer. Avec La Croix-des-Gardes, La Californie, dont l’histoire débute au moment même où l’hôtel éponyme sort de terre, s’inscrit comme le quartier historique de Cannes. Dans la seconde moitié du XIXe siècle, de prestigieuses demeures constellent, ainsi, l’avenue du Roi-Albert. Au sortir du deuxième conflit mondial, les plus importantes sont transformées en copropriétés, parmi lesquelles, entre autres, Le Californie et Villa Saint-Priest. D’autres sont rasées, puis reconstruites conservant leur parc d’origine. C’est le cas de Champfleuri, du Château Montjoli ou de Saint-Michel… Quelques unes, enfin, restent privées. Au fil des ans, le site se dote de résidences nouvelles et de maisons provençales, sans que jamais une construction ne nuise à l’harmonie d’ensemble, à l’équilibre entre l’empreinte architecturale et la nature exubérante, souvent importée des régions tropicales.
« La Californie est le quartier le plus recherché de Cannes, juste derrière La Croisette en ce qui concerne les appartements et au même niveau que la corniche du Paradis et le chemin des Collines pour les villas », poursuit Jean-Christophe Hym. Sur le segment collectif, les beaux produits sont rares et seuls se vendent les biens en parfait état ou légèrement corrigés à la baisse. Les jolies références oscillent entre 10.000 et 15.000 €/m2, de 6000 à 10.000 €/m2 dans la portion basse. L’individuel, davantage frappé par la pénurie, débute à 2,5 M €, dès qu’il bénéficie d’une orientation Grande Bleue. La moyenne des transactions s’échelonne de 3 à 4 M €. Russes et Anglais se positionnent sur les budgets élevés. D’ailleurs, certains tarifs ne manquent pas de s’envoler. La Tropicale change, par exemple, de mains contre 26 M €. Bagatelle part à 22 M €, un montant largement inférieur à sa valeur intrinsèque, eu égard à l’imbroglio juridique qui entoure la cession. Les 6500 m2 habitables répartis en trois maisons, sis au sein d’un sublime parc surplombant l’immensité azur de l’Italie à l’Estérel en passant par les Alpes, détiennent toujours le record cannois si l’on se réfère à la somme avancée jadis par Khalifa pour leur acquisition. Le Château Louis XIII, meilleure vente jusqu’au début des années 1990, date de sa dernière mutation, arbore un style unique. Enfin, la Villa Orion, qui possède un tunnel sous la route nationale et la voie ferrée pour rejoindre le rivage et son annexe, devrait s’apprécier en conséquence. Au nombre des illustres pensionnaires de La Californie, figurent Picasso et Dassault. Lorsque l’on considère que sept des endroits les plus chers du monde se trouvent sur la Côte d’Azur et que, dans ce classement, Cannes est en fort intéressante position, on prend la pleine mesure du placement et réalise qu’ici plaisir rime avec sécurité patrimoniale.
« Si les étrangers préfèrent le clé en main, locaux et Parisiens, à l’affût de la bonne affaire, regardent du côté des successions et des grosses rénovations », précise David Benichou de l’Agenc’Immo Internationale. L’un d’entre eux, prêt à injecter 100-120.000 € dans les travaux, vient de s’offrir un appartement de 120 m2 dans une résidence avec jardin et piscine à 750.000 €. Le professionnel tient à une définition stricte de la Californie, à ne pas confondre avec Vallauris ou Le Cannet. Dans le coin, le prix est largement tributaire du code postal. Souvent, la demande est exclusive, une approche que l’on retrouve sur La Croisette. Parfois, cette tendance s’applique aussi aux résidences. Une unité au sein une copropriété sélecte vaut de 10.000 à 13.000 €/m2, hors penthouse. Parmi ses dernières ventes, Renaud Espitallier de Marly Privilège cite un appartement de 150 m2 à rénover, jouissant d’une terrasse d’angle et d’un panorama d’exception, à 1.650.000 €, acheté par un Moyen-oriental pour un usage secondaire, et une villa de 300 m2, sur une parcelle de 2000 m2 face à la mer, à 4,5 M €, obtenue par un Français désireux d’y séjourner la moitié de l’année. Actuellement, le spécialiste commercialise un hôtel particulier contemporain de 700 m2, prolongé par une terrasse de 500 m2 et une piscine, à 11 M €, et Le C, un projet ultra moderne de 500 m2, en cours de réalisation, prévu avenue du Roi-Albert, vraisemblablement mis à prix à plus de 10 M € une fois terminé. Au-delà de 5 M €, l’activité peine à recouvrer sa vitesse de croisière, car la clientèle concernée, particulièrement hétéroclite tant au niveau de l’origine nationale que de l’âge, est touchée de plein fouet par la crise. Le redémarrage, observé depuis janvier 2010, est entrecoupé de soubresauts. Encore instable, la situation fluctue, en effet, selon l’actualité économique mondiale. Si La Californie rattrape, en terme de cote, la corniche du Paradis et le chemin des Collines, elle le doit à sa proximité du centre, accessible à pied par les plus vaillants, et à un environnement urbain et sonore stable. L’absence de foncier garantit la pérennité du paysage, alors que les constructions vont bon train et que le trafic routier augmente toujours sur les deux autres artères.