Le secteur de l’ouest marseillais, qui s’étend jusqu’à l’étang de Berre, accueille les communes du Rove, Ensuès-la-Redonne, Carry-le-Rouet, Sausset-les-Pins, La Couronne et Carro. Les calanques calcaires alternent plages tranquilles et ports authentiques. Entre camaïeux de bleus et de verts, le site naturel et sauvage décline ses charmes aux portes de la capitale des Bouches-du-Rhône.
De l’Estaque à Carry, point de route entre les rochers et la Méditerranée. Seule la voie ferrée, construite au début du XXe siècle, parcourt l’isthme. Les usagers du train apprécient la traversée de la portion septentrionale de la rade marseillaise et les vues plongeantes sur la Grande Bleue et les calanques de La Vesse, Niolon, Méjean et La Redonne. Ce littoral préservé se déploie sur une trentaine de kilomètres.
« La majorité des transactions actées en ce moment sur la Côte Bleue concerne la résidence principale, des foyers de trentenaires ou quadragénaires avec deux enfants à charge, prêts à injecter 450.000 € en échange d’une maison de 100-120 m2 sur une parcelle de 400 m2. A ce prix, ces actifs de Marseille, Fos ou Marignane ne peuvent pas prétendre à une vue mer », explique Christelle Badet de
Laforêt, trois agences sur la zone. Les investisseurs, davantage motivés par la sécurité et la pérennité du placement que par la rentabilité pure, sortent clairement leurs économies des banques pour un paiement souvent comptant. L’un d’entre eux vient de régler 135.000 € contre un studio de 24 m2, sur Sausset, bénéficiant d’un aperçu azur. Comme le rendement n’est pas le moteur premier, il n’existe pas de limite en termes de produits ou de budgets. Les résidents secondaires, souvent originaires de Paris, Lyon ou Grenoble, engagent aux alentours de 250.000 € pour un appartement de 40 m2, proche des plages, orienté sur la Méditerranée, ou 500.000 € environ pour une villa. Il existe également une clientèle de mutés sur les sites d’Eurocopter et des usines de Fos, susceptible de dépenser des sommes largement supérieures. Récemment, une maison de 250 m2 face à la mer sur la commune de La Couronne, caractérisée par des finitions contemporaines, avec terrasse en teck et piscine, vient de trouver preneur à 850.000 €. Le délai d’écoulement avoisine les six mois. Il tombe sous cette barrière symbolique à partir du moment où l’on dispose d’une référence à retaper présentée à un niveau tarifaire réaliste. « Le mètre carré moyen se négocie 3400-3500 € à Carro ou La Couronne, 3600-3800 € à Ensuès, 4500 € sur le segment individuel du côté de Sausset et de Carry et jusqu’à 6000 € dans les copropriétés de prestige récentes. »
« De manière générale, Carry et Sausset drainent une population plus huppée, appréciant l’environnement calanques et l’accès facile à la voie rapide, la préfecture des Bouches-du-Rhône et l’aéroport », poursuit Sandrine Feraud de
Kinghome. La présence de résidences sélectes et de domaines fermés, tels que Barqueroute, témoigne de l’orientation du marché. Parmi les dernières ventes toutes destinations confondues, la spécialiste décrit cette maison de Saint-Pierre de 170 m2 en parfait état sur 2500 m2, obtenue par un couple de trentenaires en poste sur Martigues moyennant 535.000 €. Un mas de 200 m2 à restaurer sur 800 m2 change de mains à 370.000 €. Le vendeur procède à un détachement parcellaire de 600 m2, induisant un gain supplémentaire de 220.000 €. L’agent immobilier se doit de jouer un rôle de régulateur, notamment lors de la prise de mandat et de l’estimation. Un rapport qualité/prix réaliste garantit, en effet, la fluidité des opérations. La négociation est désormais un passage obligé.
« La simple approche géographique suffit à justifier le label micromarché. Le secteur restreint est clairement défini par la Méditerranée, l’Estaque et l’étang de Berre. Ultra confidentiel, il séduit les initiés, contrairement à la Côte d’Azur ou au littoral varois, des adresses au rayonnement plus large », précise Dominique Miquel de l’
Immobilière du Forum, deux agences à Carry et Sausset. Les cadres du cru plébiscitent la beauté des paysages tout autant que la proximité des bassins d’emplois. Un avantage dont ne profitent pas Cassis et ses spectaculaires calanques. La discrétion ne prive pas le site de biens d’exception. Pour preuve, la moindre propriété pied dans l’eau démarre à 1,2 M €, un montant synonyme de surfaces intérieures et extérieures réduites et d’un état à améliorer. En réalité, l’amateur s’offre un emplacement. Elément essentiel de la carte postale, la vue mer demeure le critère récurrent. Dernièrement, on demande 650.000 € pour une villa de 150 m2, auxquels s’ajoutent 100 m2 à aménager. 70 % des acheteurs visent l’usage principal, 50 % arrivent des Bouches-du-Rhône. Les étrangers demeurent, enfin, extrêmement rares.