« Belle, discrète, voire secrète », la Drôme, le 1er département bio du pays, réalise 35 % de la production nationale de plantes à parfum aromatiques et médicinales. Située entre les Baronnies et la vallée du Rhône, la partie dite provençale correspond au tiers sud du département, les montagnes s’effaçant devant les vallées et les plaines.
La Drôme provençale abrite des communes telles que Montélimar,
Saint-Paul-Trois-Châteaux,
Taulignan, Grignan,
Nyons et
Suze-la-Rousse… Oliviers, plants de vigne, chênes truffiers, champs de blé ou de lavande se succèdent en contrebas du Mont Ventoux et des Dentelles de Montmirail. Le site attire les amateurs de pleine nature. A 45 mn de
Valence et 1h00 d’
Avignon, Montélimar reçoit 36.000 habitants et le célèbre festival « Voix et guitares du monde » chaque année au mois de juillet.
Pierrelatte séduit les actifs du Tricastin. Sur les bords de l’Eygues, Nyons mérite le titre de « Petit Nice » en référence à son ensoleillement. Les vacanciers apprécient le pont roman, le château féodal, les moulins, les portes de la Pomme et Saint-Jacques, mais aussi les marchés du jeudi et du dimanche. La population de
Dieulefit triple en été. La ville de potiers arbore tout naturellement une église à quelques encablures du temple, en souvenir de la cohabitation des deux confessions religieuses.
« Les autochtones se répartissent sur les bords du Rhône, près des accès autoroutiers ou dans les localités principales. Ils travaillent dans le tertiaire ou l’ingénierie, des secteurs d’activités générateurs de bons revenus. Grâce au télétravail et à la rapidité des moyens de communication, des Parisiens n’hésitent pas à y installer leur famille, d’autant que leur base n’est qu’à 2h40 de train. L’ouverture de la gare TGV d’
Allan devrait très prochainement raccourcir les délais. Les ressortissants de la capitale, les Lyonnais, les Belges et les Suisses plébiscitent les villages perchés du sud-est », précise Christine Miranda de
Christine Miranda Delta Immobilier. La professionnelle salue le succès du label « Drôme provençale ». L’endroit offre une alternative aux coûts élevés du
Luberon. La maison de village prend de la valeur dans la mesure où elle s’accompagne d’un extérieur. 200 m2, prolongés par un jardin susceptible de supporter une piscine, débutent à 300.000 €. La fermette commence à 550.000 €, quand le mas en bon état démarre à 750.000 €. Des gîtes reviennent dans les tablettes transformés en copropriétés. C’est le cas de cette unité, sise sur une parcelle de 2 ha agrémentée d’un plan d’eau, divisée en six appartements. Le studio coûte 150.000 €, le cinq-pièces, 195.000 €, et le bâtiment principal, 400.000 €. Le produit fonctionne bien auprès des résidents occasionnels. Quant à la villa basique, elle s’enlève moyennant 260.000 € et plus. La location saisonnière présente une rentabilité non négligeable. Les visiteurs déboursent, en effet, 2000 e pour occuper un mas une semaine durant.
« La Drôme provençale suscite l’intérêt de deux groupes principaux : le premier vient du nord quérir le soleil, le second, du sud à la recherche d’une grille tarifaire inférieure », s’amuse Antoine Pernot de
LCDI Le Comptoir de l’Immobilier. « Le climat change vers
Loriol », a-t-on coutume d’entendre. « Là où les oliviers poussent, là où la Provence commence », décrit Frédéric Mistral. Après des mois d’attentisme et une baisse de prix vraisemblablement de l’ordre de 5-8 %, l’activité semble repartir de plus belle. Les propriétaires ont enfin compris que la surévaluation était une entreprise vaine, voire dangereuse pour l’équilibre du marché. Les sommes affichées s’avèrent de plus en plus souvent réalistes. 80 % des transactions se situent encore sous la barre des 300.000 €. De 2300 à 3200 €/m2, le neuf se vend cependant avec moins d’entrain que par le passé. En pleine croissance démographique,
Montélimar prend la seconde place du classement départemental derrière Valence et devant Romans-sur-Isère. De même, elle vient d’obtenir le label de ville touristique. Parallèlement, les zones commerciales se multiplient. Wurtz y installe sa deuxième plateforme logistique, convaincu par la position stratégique entre Marseille et Lyon et un réseau routier, fluvial et ferroviaire idéal pour le transport des marchandises. La Drôme provençale demeure relativement homogène même si des adresses comme
Grignan et Nyons marquent les esprits.
« La région est plus authentique que le Triangle d’Or du Luberon, moins construite, fréquentée et clinquante aussi. Les bobos laissent place aux véritables adeptes de nature. Seul Grignan aurait tendance à souffrir la comparaison », précise Denis Allouche de
Solis Immobilier. En outre, le sud de la Drôme vit à l’année. Le spécialiste accepte volontiers de reconnaître aux
Alpilles le privilège de recevoir le cœur de la Provence, mais là encore « c’est au détriment de l’espace, de l’intimité et du cours de la pierre, supérieur de 30-40 %. Difficile de mettre en perspective l’homologue vauclusien, dont les restaurations sont de bien meilleure qualité que les rénovations des années 70 observées côté Drôme. » L’exercice est d’ailleurs fort porteur. Avec 300.000 € à l’achat et 500-600.000 € destinés aux travaux, on obtient un mas. Contre 250.000 € et 300.000 € injectés ensuite dans le rafraîchissement, on dispose d’une maison de village ouverte sur un jardin de 800 m2. La propriété peut, enfin, atteindre plusieurs millions. 2000 m2 habitables sur un terrain de 80 ha partent à 3,3 M €. La richesse de la Drôme tient à la diversité des paysages et à la chaleur de l’accueil.