Grâce à une augmentation démographique soutenue, à un attrait économique et culturel de tous les instants et à une qualité de vie admise à l’unanimité, la capitale héraultaise a particulièrement bien résisté à la crise. A l’instar de l’appartement de standing, la maison de ville reste un marché porteur.
Le segment profite, à l’heure actuelle, de deux tendances majeures : le goût historique des Hexagonaux pour l’habitat individuel et la volonté générale de limiter les déplacements automobiles pour des questions de coût et de temps comme de respect de l’environnement.
« Le centre renferme des hôtels particuliers, en por-tion congrue lorsqu’il s’agit de les pourvoir en intégralité. Couramment, la municipalité exerce son droit de préemption afin d’héberger ses services ou de créer du logement social », introduit Lionel Gouveia d’
Immobis. Des maisons multiséculaires de 100-150 m2 ponctuent le paysage de Cathédrale, de Boutonnet, voire de Figuerolles. A rénover, elles valent de 150.000 à 300.000 €, 300-500.000 € après travaux. Entre Arceaux et Figuerolles, apparaissent les premières demeures de maîtres en pierres de taille des XVIIIe et XIXe siècles, 200-400 m2 habitables ouverts sur des jardins d’agrément. Si l’ampleur des chantiers effraie certains clients, la demande est conséquente. Rare, ce type de produit est aussi onéreux. Un hôtel particulier de 250 m2 en bon état, débouchant sur un extérieur de la même surface, vaut actuellement 1 M €, quand la gamme oscille de 700.000 à 1,3 M €. Au sud, du côté de Port-Marianne et de Richter, d’anciens corps de ferme, négociés aujourd’hui de 500.000 à plus de 1 M €, ont échappé à la construction récente de collectifs neufs. Un exemple du genre, 300 m2 rénovés sur 3000 m2 agrémentés d’une piscine, coûte 780.000 €. Des parcelles généreuses compensent souvent un excès de vis-à-vis. L’offre et la grille tarifaire de Millénaire, un secteur en plein essor connu pour ses zones d’activités, souffrent la comparaison avec le précédent. Le nord de
Montpellier prouve que l’on gagne en superficie à mesure que l’on s’éloigne du centre. Les petits pavillons oscillent de 250.000 à 450.000 €, les belles résidences, de 800.000 € à 1 M €. Michel Audigier de
Cap Immo Languedoc évoque Le Rondelet et Saint-Roch, situés à 5 mn de marche de la place de La Comédie non loin de la ligne 2 du tramway. Les commerces de première nécessité, le collège et le lycée Clemenceau constituent leurs principaux atouts. On exige, en ce moment, 420.000 € pour une bâtisse à rafraîchir, édifiée au XIXe siècle, de 180 m2, à laquelle s’ajoutent une cour de 15 m2 et une terrasse de 20 m2. Près du Corum, Les Aubes, une adresse verdoyante à souhait, abrite un large choix individuel, soit 90 % du parc. 170 m2 sur 400 m2 atteignent 580.000 €. La tendance au retour vers les centres assure les belles heures de la maison en intra-muros, sans doute au détriment des villages de l’agglomération.
« Bien que quelques affaires aient été conclues par des Britanniques désireux de jouir d’un pied-à-terre dans le sud de la France, la majorité intéresse les locaux pour un usage principal », reprend Lionel Gouveia. Proches du cœur de ville, des écoles et des commodités, les Beaux-Arts et Boutonnet plaisent aux trentenaires ou aux quadras avec enfants, cadres ou enseignants friands de fonctionnalité. Arceaux attire une clientèle bourgeoise, âgée de 50-60 ans, professions libérales, hauts fonctionnaires ou commerçants amateurs de bâti de caractère. Au sud, la fréquentation est cosmopolite. Le seul dénominateur commun tient à la recherche d’accès facile à l’aéroport et à l’autoroute.
« En dépit de la crise, les stocks de maisons de ville ne se reconstituent pas et les prix se maintiennent. Contrairement à l’ancien et à l’hyper contemporain, seule la villa sortie de terre de 1960 à 1980 subit une décote de 5 à 15 % », précise Philippe Devier de
Devier Immobilier. Le budget des acquéreurs va de 350.000 à 1 M €. Parmi ses dernières ventes, le spécialiste cite un hôtel particulier de 300 m2 avec jardin et garage près de la gare à 880.000 €, 90 m2 en excellente condition, prolongés par un extérieur de 100 m2, non loin de Polygone, à 350.000 €, et une villa, 140 m2 plus un studio indépendant, sur un terrain de 1000 m2 vers Aiguelongue à 500.000 €. Depuis le changement d’année, le ralentissement persiste uniquement sur le haut de gamme. Les grandes superficies tombent régulièrement dans l’escarcelle des professionnels bien décidés à les céder à la découpe, les particuliers n’en n’ayant pas les moyens.