Situé sur l’axe Avignon/Arles/Marseille/Montpelier/Perpignan, Nîmes abrite 150.000 habitants à l’année, 1 M de résidents ou plus en période estivale, attirés par les monuments romains et la féria. La maison de ville nîmoise s’inscrit pleinement dans la tendance : la migration vers le sud, le choix de l’accessibilité pédestre à tous les services et l’option individuelle.
Soumise à des influences hispaniques, camarguaises, cévenoles et provençales, « La Rome française » jouit d’une excellente desserte routière, ferroviaire et aérienne. « Posée au carrefour de l’histoire et des relations humaines », selon la formule de Christian Liger, elle mérite pleinement le label de Ville d’Art et d’Histoire. L’Ecusson, dont l’essor débute sous l’Antiquité, constitue le premier bassin urbain de la cité délimitée par sept collines. En son sein, la Maison Carré, une construction deux fois millénaire, voisine avec le Carré d’Art, l’antre de verre imaginée par l’architecte Norman Foster. « Supérieure, en termes de prix, à l’appartement, la maison de ville souffre de la concurrence des programmes neufs de mitoyennes, qui possèdent souvent l’avantage du jardin et du garage », établit Alexandre Thome de C21. « Maintenant, il y a toujours des inconditionnels de pierre ancienne, de bâti de cachet et de situation centrale, prêts à débourser de 150.000 à 200.000 €, la gamme dans laquelle évolue l’essentiel des acquéreurs. Sur plusieurs niveaux dans la majorité des cas, le produit intéresse trentenaires et quadras, en quête de la bonne affaire. Lorsque de lourdes rénovations sont à prévoir, le tarif d’achat s’avère, en effet, intéressant. Dès qu’une division intervient, la rentabilité locative s’envole. Le professionnel propose ainsi une unité à 150.000 €, susceptible d’accueillir quatre T2 de 35 m2 chacun, pouvant être loués 420 €/mois. Le montant des travaux ne devrait pas dépasser les 40.000 €.
« La clientèle amatrice de ce type de bien recherche l’accessibilité pédestre du centre et l’absence de copropriété. Sa valeur dépend, ensuite, de l’adresse, de l’état et des prestations », poursuivent Jérôme Marouani et Jonathan Bensoussan de Patio Immobilier. Actuellement, une maison de 155 m2 à rafraîchir, sur une parcelle de 838 m2 avec piscine rue Ménard, vaut 525.000 €. Proche des Halles, de la Maison Carrée et de la colline Nord, l’artère sélecte compte pour beaucoup dans l’estimation. Globalement, les références sous la barre des 200.000 € se vendent bien. Entre 230.000 et 500.000 €, c’est déjà plus compliqué, le prospect visé demeurant davantage affecté par la crise. Au-delà, on retrouve du potentiel. Seules, les maisons de ville en phase avec les barèmes de marché partent. L’est de Nîmes affiche des tarifs accessibles. Jean-Jaurès et Montaury, caractérisés par un paysage peu urbanisé, sont les plus porteurs pour le segment. Ultra prisé, le quartier Ménard-Lampèze, se dresse enfin entre l’hyper-centre et la campagne, non loin de la Tour Magne. Parmi leurs dernières ventes, les spécialistes évoquent 80 m2 habitables, ouverts sur une cour de 25 m2 du côté de Richelieu, à 148.000 €, et 110 m2 à remettre au goût du jour sur 525 m2 dans la partie basse de Camplanier, à 245.000 €. Récemment, un acheteur paie 265.000 € un terrain de 500 m2 rue de la lampèze, rehaussé d’une maison qu’il rase une fois l’acte signé, soit d’un droit à bâtir de 200 m2. Cet exemple illustre encore une fois l’importance de l’emplacement.
« La maison de ville campe une valeur sûre à condition de s’accompagner d’un extérieur et d’un garage », précise Bastien Floutier de Norman Parker. Il arrive fréquemment qu’une personne, forte du fruit de la vente récente d’une villa en campagne, cible justement les bâtisses anciennes, disséminées autour des boulevards, nettement plus faciles d’entretien. Le beau produit démarre à 300.000 €, tandis que l’entrée de gamme du Nord-Gambetta, de Richelieu et de Saint-Charles - 80 m2 à retaper entièrement - débute à 100-110.000 €. La fourchette en dit long sur l’écart de configuration, de situation et de prestation existant entre les différents exemplaires du genre. Certains, sans le moindre extérieur, ont plus d’un siècle et composent avec des ruelles étroites, sombres et des petites ouvertures. D’autres répondent aux critères de confort actuels. Mais contrairement aux pavillons de lotissement de la deuxième couronne, elles n’ont pas subi de décote trop importante. D’ailleurs, les premiers s’adressent davantage aux primo-accédants, capables d’injecter 200-220.000 €, alors que la mise à prix avoisine les 250.000 €.