La Cerdagne se répartit quasi équitablement entre la France et l’Espagne. Traversée par le Train Jaune, elle abrite les stations de ski de Font-Romeu, Bolquère Pyrénées 2000, Porté-Puymorens ou Puigmal 2900. Le Capcir, un plateau accroché à 1500 mètres d’altitude, établit la jonction entre celle-ci et la vallée de l’Aude.
Réputée pour ses fours et autres centrales solaires, la Cerdagne reste l’une des régions les moins peuplées d’Europe. Transfrontalière, Puigcerdà est la seule agglomération, avec près de 11.000 riverains. Le Train Jaune relie Villefranche-de-Conflent à Latour-de-Carol, une bourgade située sur la ligne Barcelone-Paris. Les treize villages de la communauté de communes, soit 6040 âmes au total, s’épanouissent à l’extrémité ouest du 66, non loin de la Principauté d’Andorre. Véritables terrains de jeux, ils invitent à la randonnée en été et au ski l’hiver venu. Le Capcir porte haut les couleurs de la montagne catalane. Les forêts, les torrents et les lacs n’ont rien à envier aux pentes enneigées des quatre stations contenues dans un rayon de 20 km. Depuis la décennie 1970, le secteur n’a de cesse de se développer. Les Angles et Formiguères séduisent, aujourd’hui, quantité de touristes.
Stéphanie Will d’
Immo des Cimes s’adresse essentiellement aux acquéreurs de secondaire, amateurs de marche, de vélo, d’équitation ou de ski : des Toulousains, des Biterrois et des Perpignanais, auxquels se mêlent les Ibériques qui effectuent un retour timide après des mois difficiles. La majorité débourse 50-80.000 € pour un studio-cabine à
Font-Romeu. La cité animée partage le domaine skiable avec Pyrénées 2000. Un peu plus accessible en termes de coût, cette dernière offre l’immense avantage d’un habitat au pied des pistes. Certains préfèrent les T2/3 autour de 120.000 € ou les petites maisons commercialisées de 200.000 à 300.000 €. Une unité de 70 m2 en excellente condition, sise dans le centre de Font-Romeu, vaut, actuellement, 250.000 €. Quelques-uns, dans l’espoir d’un retour locatif, se heurtent à la concurrence des résidences de tourisme. Moins nombreux que par le passé, les programmes neufs se distinguent par des prix abordables lorsqu’ils sont français et par une qualité irréprochable s’ils s’avèrent espagnols. Affaiblie par la crise et peut-être aussi par les travaux orchestrés sur la route de
Perpignan, l’activité redémarre légèrement pendant l’été. Les visites sont fréquentes et les négociations âpres.
« On ne vient pas dans le Capcir par hasard, mais bien pour la nature exubérante, les grands espaces ponctués de points d’eau, la faune et la flore généreuses, les grottes de Fontrabiouse ou le parc animalier qui abrite l’héroïne de « L’Ours », le chef-d’œuvre de Jean-Jacques Annaud », décrit Laura Christofeul de
Capcir Immobilier. Contrairement à la Cerdagne, le site, plus éloigné de l’Espagne, ne bénéficie pas de l’apport démographique de la péninsule. Le marché saisonnier présente deux périodes actives : de novembre à avril et juillet-août. Généralement originaires du cru ou de la capitale des P-O, à 1h30 de route, les acheteurs apprécient le ski, avant de prendre goût aux autres disciplines de plein air. Si la petite surface sous la barre des 80.000 € remporte un franc succès, le budget moyen s’échelonne de 200.000 à 250.000 €, la somme requise pour un appartement âgé de deux ans agrémenté de trois chambres ou une maison de 150 m2 ouverte sur un jardin de 30 m2 en station.
Les Angles réunit moult adeptes. Le vaste domaine, culminant à 2300 mètres, comble, en effet, tous les niveaux. Grâce aux navettes gratuites, l’usager ne recourt pas systématiquement à son véhicule et profite sur place d’un large choix de bars et restaurants, des joies du bowling et du cinéma. Moins sportive, Formiguères satisfait les familles en quête de tranquillité, à l’instar de Puyvalador, connue pour ses vues panoramiques sur les sommets. « Au regard des locations déjà enregistrées, la saison hivernale s’annonce prometteuse. Un redémarrage salutaire », se réjouit la professionnelle.