S’il abrite le poumon vert de la troisième ville de France, autrement dit le Parc de la Tête d’Or, le 6e présente aussi la plus forte densité, avec 48.936 habitants répartis sur 377 ha. Résidentiel, commerçant et parfaitement pourvu en infrastructures d’accueil et de loisirs, l’arrondissement de la rive gauche possède plus d’une corde à son arc…
La Cité Internationale, le musée d’art contemporain, le muséum d’histoire naturelle, le Palais des Congrès, le casino, la majorité des consulats, des établissements scolaires renommés tels les lycées du Parc et Edouard Herriot… Décidément, le 6e s’inscrit comme une adresse incontournable, desservie par le métro. Les larges avenues ponctuées de magnifiques immeubles, dont la rue Abraham-Duquesne, le boulevard des Belges ou l’avenue Foch, jouxtent les espaces verts de la Tête d’Or, tandis que l’activité commerçante s’articule autour des Cours Vitton et Franklin-Roosevelt voire de l’avenue du Maréchal de Saxe.
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Lyon en général et le 6e en particulier résistent bien à la crise », introduit Laurence Rosier, responsable du service Transactions de la régie Oralia Rosier Modica Motteroz SA. « D’abord parce que les prix en vigueur sur la ville restent relativement raisonnables. Et, ensuite, parce que le 6e possède d’innombrables qualités, à commencer par les 117 ha de jardins, les berges du Rhône joliment aménagées et les boulevards généreusement arborés. » Les boutiques à la mode ne manquent pas, à l’instar des bons restaurants, parmi lesquels l’Est, l’une des cinq brasseries de Paul Bocuse située dans l’ancienne gare des Brotteaux. La Tête d’Or, les cours Franklin-Roosevelt et Vitton séduisent les notables lyonnais, à défaut de pouvoir accueillir les primo-accédants. Le mètre carré dépasse régulièrement 3500 €, 4000 € lorsqu’il s’agit d’un produit de prestige, alors qu’au sein du quartier Bellecombe, il tourne, généralement, autour de 3000 €. La pénurie fait rage, tant l’attrait des appartements de caractère avec parquet, boiseries et cheminée gonfle la demande. La spécialiste cite un T2 de 45 m2, entièrement rénové, dans un bel immeuble ancien, vendu récemment 210.000 €, et un T4 haussmannien de 128 m2, cédé à 540.000 €. Les bâtiments construits dans les années 1960-1970 se négocient aux environs de 3500 €/m2, contrairement aux réalisations contemporaines, souvent mieux cotées. Quant aux rares programmes neufs, ils trouvent tous preneurs avant le démarrage des travaux.
« L’arrondissement, sis à proximité immédiate de la Presqu’île, de l’opéra et du théâtre, séduit les jeunes ménages, mus par l’emplacement stratégique et l’excellente réputation des écoles, tout autant que les cadres supérieurs et les professions libérales, naturellement attirés par l’élégance de l’adresse », précise Anne Dervault d’
Orpi Sorovim. Le Triangle d’Or et l’illustre parc peuvent atteindre 5000 €/m2, les Brotteaux s’échelonne de 3500 à 4000 €/m2, contre 3000 €/m2, le ratio observé sur Bellecombe, un secteur plus excentré. Exigeants, les clients témoignent d’une connaissance réelle du marché. La plupart, prêts à débourser de 450.000 à 650.000 €, visent un quatre-pièces, conscients de ne pas forcément obtenir pour cette somme un garage et un extérieur. Le haut de gamme, synonyme ici d’architecture haussmannienne, évolue entre 700.000 et 1,5 M €. On assiste à un retour vers les centres urbains et à une valorisation de l’appartement. Le 6e arrondissement est le plus cher de la commune et l’un des plus actifs, en concurrence directe avec une enclave du deuxième, la Croix-Rousse et le 3e Préfecture.
« Le début d’année 2010 marque le regain d’activité dans les beaux quartiers lyonnais. Aujourd’hui, la demande l’emporte sur l’offre dans le 6e, d’où le maintien des prix, une tendance vérifiée même au creux de la vague », indique Bruno Tronel de l’
Agence Tronel Orpi. Roosevelt et Foch, soit un rayon de 300 mètres autour de la station de métro, ont le vent en poupe. Il en va de même pour les hôtels particuliers de la Tête d’Or, susceptibles d’avoisiner 5500-6000 €/m2, une denrée exceptionnelle qui justifie, cependant, un nombre ultra limité de transactions. L’expert FNAIM évoque une unité de 184 m2 en parfait état avec place de voiture, porte des Enfants du Rhône, partie à 5400 €/m2. Le stationnement constitue l’immense difficulté du coin. Dès qu’un parking voit le jour, c’est tout le secteur qui suscite l’intérêt. Brosset, censé ouvrir en 2012, devrait désengorger le boulevard des Brotteaux, une artère bordée de restaurants fort fréquentée. Le 6e est une valeur sûre, au point d’attirer 20 % d’investisseurs malgré des tarifs élevés et une rentabilité faible. Ces derniers placent entre 150.000 et 200.000 € indifféremment dans l’ancien ou le neuf, convaincus de récupérer une plus-value conséquente à terme.