REPORTAGE

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Le bassin chambérien : bilan après-crise

 
Le bassin chambérien : bilan après-crise
A Cognin, ce T4 recèle 80 m2 (trois chambres). 171.750 €. Zen Immobilier (04 79 70 62 71).






Le bassin chambérien : bilan après-crise
Cette ancienne forge rénovée se dresse sur une parcelle de 1200 m2, à 5 mn du centre de Chambéry. 380.000 €. Century 21 Benoist Immobilier (04 79 72 41 68).






Le bassin chambérien : bilan après-crise
Dans une copropriété de standing construite en 2007, ce T3 en rez-de-jardin bénéficie de 73 m2 d’espace intérieur et de 50 m2 d’extérieur. 260.000 €. Cabinet Graillat (04 79 69 38 69).






Située entre les massifs des Bauges et de la Chartreuse, l’agglomération chambérienne compte 24 communes, dont la Préfecture de Savoie, soit 126.000 habitants au total. Depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale, la collectivité connaît une croissance démographique significative.


L’université de Savoie ouvre ses portes en 1979, drainant une population étudiante, aujourd’hui incontournable. A 55 km de Grenoble et 48 km d’Annecy, le « Carrefour alpin de l’Europe » accueille d’ailleurs chaque année 1300 arrivants, qui se répartissent naturellement entre l’intra-muros et la périphérie directe, Saint-Alban-Leysse, Jacob-Bellecombette, Barberaz, Bassens, Cognin, La Ravoire ou encore la cité plus importante de La Motte-Servolex.

« Depuis mars dernier, les prises de contact s’intensifient au sein de la capitale historique des Etats de Savoie. Et les délais d’écoulement se rapprochent des trois mois dès qu’un bien présente un rapport qualité/prix cohérent », annonce d’emblée Olivier Graillat du cabinet éponyme. L’appartement se porte mieux que la maison, et le sud, Saint-Alban-Leysse, Challes-les-Eaux, Bassens et Saint-Baldoph, plaît davantage que le nord, à l’exception peut-être de La Motte-Servolex, largement pourvue en commerces, services et infrastructures. Entourées de vigne, ces localités s’animent non loin du centre chambérien, à 35 mn de voiture de Grenoble, un espace saturé et nettement plus onéreux. Saint-Ismier afficherait ainsi des tarifs 30 % supérieurs. Recherché par les seniors en quête de proximité, le cœur historique a toujours la cote, plus encore depuis la signature du projet des halles commerçantes. L’amateur d’appartement débourse en moyenne de 250.000 à 300.000 €. Un T4 de 86 m2 dans une résidence de moins de trois ans sur La Motte vient de partir à 266.000 €.

Les férus de villas, prêts à engager 350-400.000 €, sont plus à la peine, le produit de qualité démarrant véritablement à 400.000 €, la somme requise pour une maison récente de 110 m2 sur une parcelle de 1000 m2 vers Jacob-Bellecombette, une bourgade prisée, édifiée à 5 mn de Chambéry et orientée sur le lac. Un quart des acquéreurs vise l’investissement entre 50.000 et 120.000 €, décidé à obtenir une rentabilité d’environ 6-7 % bruts et à profiter d’un marché locatif relativement dynamique. Jérôme Stefani de Zen Immobilier, installé à Saint-Alban et, depuis peu, sur Chambéry même, distingue trois grands secteurs : l’intra-muros, le nord bassin et le sud. Dans la préfecture, il convient d’évoquer le centre ancien, caractérisé par un bâti de caractère souvent privé de parking et d’ascenseur. Ici, le T4/5 vaut de 250.000 à 300.000 €. Les Charmettes et le bas Bellevue offrent, ensuite, un environnement bucolique à 3 mn de marche du précédent. Le trois-pièces s’échelonne là de 160.000 à 180.000 €. Quant à Bissy, facile d’accès, il recèle un habitat individuel, à rafraîchir dans la majorité des cas, à partir de 250.000 €. Proche des autoroutes en direction d’Albertville, de Grenoble et d’Annecy, le sud, composé de villes à taille humaine, campe un bel environnement à moins de 10 minutes de voiture de la place du Palais de Justice. Hors La Motte-Servolex, le nord ne parvient pas à susciter un intérêt similaire. Récemment, un couple paie 245.000 € une unité individuelle à rafraîchir de 100 m2 sur un extérieur de 500 m2.

« Avec la crise, les prix ont baissé, certes, mais de manière différenciée selon le quartier, les atouts de l’adresse, l’état du bien, les prestations et la période architecturale », indique Laurent Benoist de Century 21 Benoist Immobilier. Ainsi, les secteurs en bordure de ZUP (Chambéry-le-Haut et -le-Vieux), en limite des grands axes routiers (Joppet) ou les constructions démodées de Bissy ont pu perdre jusqu’à 20 %. A contrario, les univers de qualité, développés selon un schéma à la fois intelligent et esthétique, se maintiennent. Il est évident qu’en pareilles circonstances - à savoir un marché contracté et un matraquage médiatique aveugle -, les conditions de travail s’avèrent plus difficiles. Outre des négociations systématiques et pas forcément fructueuses, le spécialiste compose avec un manque de visibilité, un stock assez pauvre, des propriétaires frileux et attentistes et des acquéreurs, encore hésitants. Fort heureusement, les primo-accédants, sensibles aux taux d’intérêt bas et aux mesures d’incitation fiscale, sautent le pas. Monica Tornicelli de Laforêt Immobilier préfère, également, l’analyse éclairée aux chiffres jetés en pâture et autres généralités. Il apparaît, en effet, que Jules-Ferry et Parc du Verney, centraux, calmes et moins passants, surfent sur la vague du succès. Les tarifs ont peu bougé : en témoigne la cession d’un T4 de 80 m2 moyennant 230.000 €. A l’opposé, Chambéry-le-Vieux confirme le recul, tant en termes de coût que de demande. Un appartement de 108 m2 change de mains contre 175.000 €. En janvier 2008, 190.000 € auraient été exigés. La maison accuse une diminution plus marquée que le collectif. Investisseurs et primo-accédants campent les deux tiers des acheteurs et plafonnent à 250.000 €. Si les propriétaires désireux de s’agrandir, désormais parfaitement renseignés, reviennent, la prudence est de mise et le prêt-relais, souvent relégué. Tous attendent des agents immobiliers information et services.
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Par Laetitia Rossi