REPORTAGE

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Le Chablais lémanique, un marché hyper actif

 
Le Chablais lémanique, un marché hyper actif
Cette bâtisse renferme 300 m2 (six chambres) sur un terrain de 15.000 m2. 900.000 €. Poirier Immobilier (04 50 26 46 33).






Le Chablais lémanique, un marché hyper actif
Ce T3 en duplex de Douvaine profite du cadre agréable d’une copropriété bien entretenue et d’une piscine privative.249.000 €. Groupe International Immobilier (04 50 94 52 70).






Le Chablais lémanique, un marché hyper actif
90 m2 et deux chambres figurent au programme de cette maison construite sur une parcelle de 800 m2.350.000 €. Poirier Immobilier (04 50 26 46 33).






Un paysage bucolique parcouru par une rive lémanique de toute beauté, des villages de caractère rassemblés autour de Douvaine, une économie axée sur le tertiaire… L’ensemble à quelques encablures seulement du canton de Genève. Ainsi dressé, le portrait du Bas-Chablais justifie l’engouement des acquéreurs.


Après avoir signé la charte du projet d’agglomération franco-valdo-genevois en décembre 2007, le territoire s’attelle à l’agglomération. Douvaine, passée de 3920 habitants en 1999 à 4500 en 2006, s’inscrit naturellement comme la capitale. Véritable carrefour routier des axes en direction de Genève, Thonon et Annemasse, la commune, située à 6 km du canton suisse, voit transiter plus de 20.000 véhicules par jour. Les amateurs de sport d’hiver l’empruntent également pour se rendre à Avoriaz, Morzine, Châtel et aux Gets. Tout à fait comparable en terme de taille, Sciez se dresse, au sud du lac, dans le golfe de Coudrée. Composée d’un bourg et de plusieurs hameaux, elle bénéficie des labels Station Verte et Pavillon Bleu. Veigy, 3000 riverains, n’est pas très éloignée non plus du plan d’eau. Excenevex arbore la seule plage de sable fin. Yvoire évoque à la fois la cité médiévale et le bourg de pêcheurs du XIVe siècle, tandis que Nernier présente des maisons typiques habillées de vigne.

« Dans le Chablais lémanique, la tendance nationale se vérifie : les prix retrouvent une certaine modération, se rapprochant des barèmes de 2005, et les taux bancaires exceptionnellement bas, de l’ordre de 3,05 % sur dix ans et 3,60 sur vingt, incitent à sauter le pas », introduit Sébastien Poirier de Poirier Immobilier. « Maintenant, impossible d’ignorer les spécificités, parmi lesquelles la proximité de la Confédération helvétique, l’attrait du lac manifesté par la clientèle fortunée arabe et russe et l’existence conjointe de petits pieds-à-terre du goût des Français en résidence secondaire. Frontaliers et Suisses profitent d’une devise à 1,36 pour passer à l’acte, d’autant que, chez le voisin, le marché est aussi saturé qu’élevé. Ils engagent généralement de 300.000 € - la somme requise pour une maison jumelée ou un appartement de 80 à 110 m2 - à 500.000 € - l’enveloppe exigée contre une bâtisse de 130-150 m2 sur une parcelle de 1000-1200 m2. Les ressortissants des pays d’Europe de l’Est ou du Moyen-Orient injectent de 600.000 à 1,5 M € dans une villa de vacances. Ils privilégient les rives du lac et n’hésitent pas à se défaire de 1,2 M € minimum pour jouir d’un accès direct au Léman. Le professionnel, attaché à la devise « compétence, déontologie, pragmatisme », cite en exemple la vente récente de 160 m2 à rafraîchir sur un terrain de 1200 m2 à 1,4 M €. L’an dernier, un Moyen-oriental va même jusqu’à s’offrir une magnifique propriété pied dans l’eau à 13 M €. Cette clientèle particulière représente 5 % des acheteurs pour 15 % du chiffre d’affaires global.

Moins pourvus et à peine plus nombreux, les Hexagonaux, dont une majorité de Parisiens, paient leur villégiature aux alentours de 200.000 €. S’ils exigent souvent une vue sur le Léman, ils font des concessions sur la surface. L’un d’entre eux vient de s’acquitter de 195.000 € pour 52 m2 habitables avec garage sur Messery. Veigy, à proximité immédiate de la frontière, et Chens-le-Pont, édifiée sur le lac tout en demeurant près de la douane, restent les communes les plus prisées. Si elle possède nettement moins de cachet que la seconde, Douvaine s’est bien développée et propose tous les commerces et services nécessaires au quotidien. Messery, Nernier, Yvoire et Excenevex souffrent, ensuite, la comparaison, la première bénéficiant d’une légère longueur d’avance. La zone à 1500 m2 minimum pour l’obtention du droit à bâtir, en vigueur sur une bonne partie du territoire, garantit un espace tranquille et peu urbanisé. Sciez, Anthy et Perrignier promettent, enfin, des tarifs intéressants, 15 % sous le niveau de Douvaine alors que seulement 10 mn de voiture les séparent. Parmi ses dernières ventes, Philippe Soulié du Groupe International Immobilier - quatre agences en France et une en Suisse - décrit cette villa du domaine fermé et gardé de Coudrée, 220 m2 sur 1800 m2 avec piscine, acquis par un frontalier à 1.250.000 €, ou ce pied dans l’eau à 3 M €, 350 m2 sur 4000 m2, obtenu par un Européen de l’Est, prêt à investir 1 M € supplémentaire dans les travaux. Mais, le pic de la demande se situe entre 350.000 et 450.000 €, une gamme frappée par la pénurie de produits de qualité. « Si l’on se réfère aux chiffres du bureau de Douvaine, 90 % des acheteurs travaillent en terre helvétique », précise encore le président de l’AMEPI. L’indisponibilité de foncier et le principe des quotas constituent les meilleurs arguments du Bas-Chablais. Sans oublier les disparités de prix entre les deux pays. Récemment, un acquéreur débourse 1 M de francs suisses, l’équivalent de 700.000 €, pour une jumelée sur Vésenaz. La même côté français - au sein du fameux « haricot magique » selon la formule de Philippe Soulié - ne dépasse pas 400.000 €. Au-delà de 450.000 €, l’autochtone ne suit plus. Pourtant, le haut de gamme semble ne plus avoir de limite. Actuellement, on réclame 17 M € pour 1400 m2 habitables, avec piscine intérieure, hammam et sauna, dans un parc de plus de 5000 m2 en bordure du Léman sur la commune de Chens-le-Pont, l’adresse de prédilection des Orientaux.
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Par Laetitia Rossi