Le secteur s’étend de Narbonne à Carcassonne, du Canal du Midi, situé au sud,
à la Montagne Noire et aux Causses de Saint-Jean et de Minerve, au nord. Avec 15.000 ha de vignes dont le tiers dédié à la production d’AOC, la région abrite le plus ancien vignoble méditerranéen. Peu urbanisée, elle répond parfaitement au désir de tranquillité et de grands espaces.
Plantée sur un éperon rocheux, Minerve surplombe les gorges de Cesse et de Brian. Tristement célèbre à cause du siège de 1210 survenu en pleine croisade cathare, la localité introduit avec charme le Parc Naturel Régional du Haut-Languedoc. La Table d’Orientation autorise un panorama sublime sur la plaine de l’Aude et les Pyrénées. Place, ensuite, à Saint-Julien-des-Molières, Cassagnoles, Félines, Siran, Cesseras et Azillanet. Olonzac, édifiée à quelques encablures du Canal du Midi, s’inscrit comme la capitale économique. Chaque mardi, le marché bat son plein. Non loin de là, le lac de Jouarres arbore un plan d’eau de 100 ha et une base nautique. Oupia, Beaufort, Aigne, Aigues-Vives, Agel et La Caunette se succèdent alors. En limite du Carcassonnais, Peyriac, 1000 habitants, accueille le passage de la rivière Argent-Double. La culture de la vigne, de la fleur et du pommier reste la principale activité du village authentique cerné par les vestiges des remparts du XVIe siècle. Plus ancien, Rieux, 2100 âmes, aurait été bâti en l’an 1000 sur l’une des routes de Saint-Jacques-de-Compostelle. Les touristes plébiscitent, enfin, Caunes-Minervois et son abbaye bénédictine.
« Si jadis, la résidence secondaire représentait une part conséquente du marché du Minervois, aujourd’hui l’installation principale l’emporte », note Jeanie Kervran de Kervran Immobilier, qui travaille de Peyriac à Pépieux et Azille en passant par Rieux et Caunes. Les budgets démarrent à 80.000 €, la somme requise pour une maison de village de 70-80 m2 habitables en bon état, sans garage ni extérieur. La cour, la terrasse ou la tropézienne font monter le coût à 100.000 €. Moyennant 130.000 €, on obtient une bâtisse de 90 m2 (trois chambres) dans un lotissement ancien. Le ticket d’entrée du récent avoisine 150.000 €. Il s’agit aussi de l’enveloppe la plus couramment avancée ici, tout segment confondu. Avant la crise, le premier argument de l’adresse tient à un excellent rapport qualité/prix. Deux ans après, le fossé entre le Carcassonnais et le Minervois tend à disparaître, d’autant que le second, affichant une offre restreinte, aurait moins souffert que l’environnement immédiat de l’illustre cité médiévale. Actuellement, les ventes vont bon train, mais à des valeurs hyper basses. Difficile, dans ces conditions, de conclure à une reprise réelle de l’immobilier.
« L’endroit plaît aux retraités hexagonaux, en quête de soleil, et aux actifs du cru, prêts à faire 30 mn de route contre un cadre paisible et un foncier généreux », précise Didier Calenge d’Aude Immo Futur. Ces derniers exercent sur Carcassonne, Lézignan ou Narbonne, le Minervois ne possédant pas de bassin d’emplois à l’exception des vignobles. Certains, pourvus de 150.000 €, achètent un terrain, bien décidés à édifier la maison de leurs rêves. La parcelle à bâtir de 800 m2 se négocie aux environs de 55.000 €. Très souvent, les seniors commencent par une acquisition en secondaire, qu’ils comptent occuper à l’année dès la cessation de leurs activités professionnelles. Pour tous, le critère numéro un demeure l’existence d’une « sortie », soit d’un extérieur. La vue dégagée est la cerise sur le gâteau. Exposé au sud, le Minervois regarde jusqu’aux Pyrénées. Encore irrégulier, le marché réagit toujours fortement aux fluctuations de l’économie internationale. Il faudra, sans doute, quelques mois avant qu’il ne recouvre des rythmes satisfaisants. Pour l’heure, seules les références correctement estimées trouvent preneur.