REPORTAGE

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Le Pays du Verdon, un pôle d’attraction

 
Le Pays du Verdon, un pôle d’attraction
A Baudinard-sur-Verdon, près du lac de Sainte-Croix, ce mas ancien, entouré de champs de lavandes, recèle 142 m2 habitables, ouverts sur un extérieur de 2000 m2. 490.000 €. Agence Grossi (04 94 70 06 66).






Le Pays du Verdon, un pôle d’attraction
Cette bastide de charme aux prestations d’exception renferme cinq chambres avec salle d’eau. 880.000 €. Bastides Accents du Sud (04 94 70 85 24).






Le Pays du Verdon, un pôle d’attraction
Cette villa de Barjols développe environ 240 m2 sur une parcelle arborée de 5440 m2, sise à 5 mn de marche du village. 678.000 €. Bastides Accents du Sud (04 94 70 85 24).






A cheval entre le Var et les Alpes-de-Haute-Provence, la falaise calcaire enserrant la turbulente rivière s’inscrit comme l’un des plus beaux canyons d’Europe. La quarantaine de communes qui forment le Pays du Verdon prend possession d’un territoire de 178.000 ha, classé en Parc Naturel Régional dès 1997.


L’immense terrain de jeux invite à la pratique du rafting, du canyoning, du canoë kayak, de la voile, du parapente, du VTT ou de la randonnée équestre et pédestre. Le visiteur croise des champs de vigne et de lavande, les lacs d’Esparron et de Sainte-Croix et les retenues d’eau de Quinson et d’Artignosc, très agréables pour la baignade. Loin de se contenter du tourisme de pleine nature, le secteur recèle aussi des bassins de vie, à l’instar d’Aups et de Barjols dans le 83 et de Riez côté 04.

« Le marché immobilier dit du Verdon englobe les localités directement édifiées sur les rives comme celles comprises à moins de 30 mn de voiture », introduit Yann Grossi de l’agence éponyme. Si la rivière draine des gens de passage, les véritables pôles d’attraction de la partie varoise restent le lac de Sainte-Croix, la ville d’Aups et les bourgs authentiques de la périphérie. Largement dévolue à l’usage secondaire jusqu’en l’an 2000, la destination assiste depuis à une inversion de la tendance. Les séniors français et étrangers investissent au soleil en prévision de la retraite, obéissant à un double phénomène, désormais ancré, de migration du nord vers le sud ou du littoral saturé, bruyant et onéreux vers une campagne paisible et plus accessible. La principale demande porte sur la villa confortable, de plain-pied de préférence, développant 120-140 m2 (trois chambres minimum) sur une parcelle de 1000-2000 €, agrémentée d’un garage et d’une piscine ou susceptible d’en accueillir une, entre 300.000 et 500.000 €. Cette clientèle s’avère fort difficile à satisfaire : en effet, le parc immobilier, à vocation secondaire à l’origine, ne répond pas encore tout à fait aux exigences de confort actuelles. Dans cette tranche de prix, les biens nécessitent des travaux et l’enveloppe de l’achat associé à la remise en état outrepasse souvent la valeur réelle du produit, même si une nette amélioration est en marche. Les étrangers convoitent toujours le segment haut de gamme, à partir de 500.000 € ; les beaux objets, dont cette bastide de 200 m2 en excellente condition sur son terrain de 1 ha, démarrent à 700.000 €. Les primo-accédants ne vont pas au-delà de 300.000 € : de 150.000 € lorsqu’il s’agit d’une maison de village, alors qu’ils dépensent entre 200.000 et 300.000 € pour une construction indépendante sans prétention. Le foncier à bâtir suscite l’intérêt de trois catégories d’acquéreurs aux profils radicalement opposés. Prête à engager moins de 100.000 €, la première obtient un espace sous la barre des 1000 m2, souvent excentré des commodités ; la deuxième paie 100-150.000 € une parcelle de 1000-2000 m2 non viabilisée en zone d’habitat diffus, au sein d’un environnement bucolique proche d’un village, pour un budget fini de 300-350.000 €. Enfin, le lopin de terre commercialisé de 150 à 250.000 € possède forcément un caractère d’exception, qu’il s’agisse de la configuration, de la situation, de la vue, ou des trois critères à la fois. Le chiffre global après travaux excède, généralement, 500.000 €.

« Le Pays du Verdon se compose de micromarchés distincts. En bordure du lac de Sainte-Croix, Bauduen, couramment appelé le « Petit Saint-Tropez », arbore un charme certain. Soumis à des rythmes saisonniers, le site souffre d’un rapport qualité/prix en décalage avec l’adresse Haut-Var et, par conséquent, de difficultés d’écoulement », précise Pierre Legras de Bastides Accents du Sud. Une maison de village de 55 m2 orientée sur le plan d’eau vaut, actuellement, 214.000 €, un appartement de 67 m2, 225.000 €. L’exemple est assez comparable à Cotignac, dans la Provence Verte en limite du Verdon, une ville encore surcotée eu égard à la situation économique. Sur Aups, le POS est en train de passer en PLU, le foncier se raréfie et les maisons disponibles sont peu nombreuses. Du coup, les tarifs se maintiennent, sans jamais atteindre les excès de Bauduen et de Cotignac. Partout ailleurs, les acheteurs parviennent, après négociation, à des accords réalistes. Alimentée par les seniors et les primo-accédants, l’activité s’avère plus tendue qu’à Draguignan ou Brignoles, qui bénéficient de pôles d’emplois. La demeure indépendante se porte mieux que la maison de village, qui pâtit pleinement du départ des Britanniques.
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Par Laetitia Rossi