Si les localités situées à l’est de la préfecture varoise restent tournées vers Toulon, celles de l’ouest regardent du côté de Marseille et des Bouches-du-Rhône. Qu’elles se dressent face à la Méditerranée ou au sein de la verdoyante campagne, elles affichent un marché immobilier diversifié et relativement onéreux.
Les vins transitant par le port de Bandol, AOC depuis 1941, contribuent à la renommée de la ravissante station balnéaire de 8750 habitants, qui s’anime à 17 km de la capitale du 83 et à 54 km de la Cité Phocéenne. Elle abrite le plus important port de plaisance entre Hyères et Marseille, avec 1600 anneaux. Ici, la part de secondaire est aussi élevée que le prix du mètre carré et la moyenne d’âge des propriétaires. En effet, 40 % des acquéreurs ont 60 ans ou plus. Le casino et la gare en centre-ville servent directement le tourisme, la principale activité de la destination chère à Aldous Huxley, Thomas Mann, Raimu, Pagnol, Mistinguett ou Fernandel. Sanary-sur-Mer, une commune paisible et prisée de 18.000 âmes, connaît une poussée démographique au cours des décennies 1980 et 1990. Si elle ne souhaite pas le rapprochement avec la communauté d’agglomérations de Toulon, elle accepte le jeu de la collaboration intercommunale via le SIVU. Alanguie autour de la baie des Lecques, Saint-Cyr, 11.560 riverains, renferme trois ports de pêche et une plage de sable fin de 2 km, cernés de pinèdes et de vignes. Depuis le golf 18-trous de Frégate ou le sentier du littoral ralliant Bandol, la vue est magnifique. La Cadière-d’Azur, 5000 administrés, délivre une version bucolique de l’authenticité provençale. Face au Castellet, le village fortifié se penche sur les espaces dévolus à la culture du vin et l’immensité azur, qui se profile au loin.
« Depuis janvier 2010, l’intérêt pour le secteur ne fait aucun doute. Les visites sont nombreuses, et les ventes, encourageantes », introduit Mathieu Vallier de Mathieu Immobilier Arthur l’Optimist. Seniors en quête de soleil et quinquagénaires en prévision de la retraite, français ou nord-européens, ciblent l’ouest varois. Si la vue mer reste le critère le plus couramment évoqué, La Cadière compense par des parcelles généreuses comprises entre 2000 et 5000 m2. Quelle que soit la commune, le ticket d’entrée vaut 3000 €/m2, 5000 €/m2 en moyenne et jusqu’à 10.000 €/m2 lorsque le bien se trouve en première ligne. La correction des prix n’excède pas 5-10 % et le ralentissement, dit de crise, porte davantage sur le volume d’affaires que sur les tarifs. L’endroit reste une valeur sûre et le placement, une option patrimoniale de premier choix. A Bandol, la maison de 110 m2, ouverte sur un espace en plein air de 500 m2 bénéficiant d’un aperçu mer, démarre à 650.000 €. Sur le segment individuel, la majorité des transactions tournent autour de 850-900.000 €, un montant correspondant à 150 m2 habitables sur 800 m2 agrémentés d’une piscine, avec des pointes au-delà du million. Les appartements de prestige, commercialisés de 450.000 à 600.000 €, justifient un certain engouement, au même titre d’ailleurs que les petites unités proches du centre, à 180-250.000 €, privées de vue mer. Du côté de Sanary, les barèmes sont comparables, mais l’endroit propose quelques références à 300-350.000 €, accessibles par les actifs locaux. A budget équivalent, La Cadière promet une surface utile supérieure, du confort, du cachet et de vastes parcs arborés.
« Fort bien desservie, Saint-Cyr conserve une certaine ruralité en périphérie. Elle est la station de cœur des Phocéens par excellence, trop heureux de profiter d’un port à taille humaine, à 30 mn de voiture seulement de leur base, tandis que les Toulonnais penchent pour Le Lavandou », explique Stéphane Arnaud de l’Agence Arnaud. Ces quinze dernières années, le rapport de force entre le principal et le secondaire, longtemps en faveur du second, s’inverse. L’offre collective est restreinte, comme la masse de résidences équipées d’ascenseur. Le trois-pièces lambda se négocie autour de 250-300.000 €, alors que la villa s’échelonne, hors exception, de 450.000 à 800.000 €. Plus récent, le marché du luxe, alimenté par les Marseillais, les Lyonnais, les Parisiens, les ressortissants du Nord et quelques étrangers, s’exprime pleinement dans les domaines fermés et gardés comme La Frégate ou le port d’Alon. Laurie Warton de Canat & Warton, une agence détentrice d’un large portefeuille de produits près de ou orientés sur la Méditerranée, est aguerrie aux exigences de la clientèle nationale et internationale. « Tous recherchent un type de bien et une certaine conception de la villégiature, mais pas un code postal en particulier. A partir du moment où ils manifestent le désir de se rapprocher de l’eau, on les amène à Bandol, Sanary, Six-Fours et Saint-Cyr. Et c’est, après, le choix de l’exposition qui permet d’affiner la prospection. S’ils préfèrent la tranquillité de l’arrière-pays, direction La Cadière, Le Beausset ou Le Castellet. Personne ne souhaite trop s’éloigner de Marseille, de la gare TGV de Saint-Charles et de l’aéroport de Marignane. Parmi ses dernières ventes, la professionnelle cite une maison de 140 m2 sur 800 m2 dans Bandol même, à 700.000 €, une villa des hauteurs de 280 m2, décorée dans un style ultra contemporain, sur 2500 m2 surplombant la mer, à 1,4 M €, et 180 m2, au sein d’un jardin de 1500 m2 jouissant également d’une vue mer, vers Six-Fours, à 1.050.000 €. En retrait du littoral, elle évoque une bastide de 220 m2 au sein d’un vignoble de 4 ha avec piscine et tennis au Castellet, à 1,1 M €, et une propriété de 250 m2, design à souhait, sur 5000 m2, à La Cadière, à 1.250.000 €.