REPORTAGE

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Les quartiers prisés d’Aix

 
Les quartiers prisés d’Aix
Au premier étage d’un hôtel particulier du Cours Mirabeau, cet appartement arbore 217 m2 entièrement rénovés (trois chambres et un bureau). 2,2 M €. Barnes International (04 42 59 23 70).






Les quartiers prisés d’Aix
A La Torse, ce bastidon du XVIIIe siècle dominant la ville profite d'un terrain de 9,5 ha. 2.080.000 €. Actuel Immobilier (04 42 26 92 42).






Les quartiers prisés d’Aix
Sur Brunet, cette maison pleine de charme de 127 m2, construite au début du XXe siècle et complètement rénovée, s’élève sur une parcelle arborée de 1200 m2, rehaussée d’un studio indépendant et d’un atelier d'artiste. 670.000 €. Cyrano Immobilier (04 42 91 38 48).






Située à 26 km de Marseille, 30 mn de voiture de la Méditerranée et 2h40 de Paris en TGV,
la capitale historique de la Provence regarde l’avenir sans rien renier de l’illustre passé. Fondée par les Romains en 122 avant Jésus-Christ, elle recèle les premières instances politiques au moyen-âge et connaît un véritable essor démographique dès les années 1920. Les pouvoirs publics repensent alors l’urbanisme, conçoivent artères, infrastructures d’accueil et nouveaux quartiers.


Aix se dresse à 15 km à l’ouest de la montagne Sainte-Victoire, dans une cuvette formée par l’Arc et la Torse. Les espaces boisés recouvrent un tiers de son large territoire. La patrie de Cézanne et de Zola abrite, aujourd’hui, 142.550 habitants, dont 41.000 étudiants inscrits en Lettres, Droit, Economie, Sciences Politiques, aux Arts et Métiers ou encore aux Beaux-Arts, et pas moins de 140 monuments classés, un patrimoine qui place la ville en deuxième position juste derrière Paris. Les bâtiments du centre, construits aux XVIIe et XVIIIe siècles, portent haut les couleurs de la belle provençale. De ce riche passé, elle ne se contente pas. En ébullition permanente, elle multiplie les expériences. En témoignent la gare TGV, le projet ITER (Cadarache) ou les technopôles de l’Arbois et de Rousset.
Sylvie Allary de Cyrano Immobilier travaille essentiellement l’appartement haut de gamme, l’hôtel particulier du cœur historique ou la maison de charme à proximité immédiate. Mazarin, réputé pour son nombre restreint de commerces, son absence de bar et de restaurant, ses musées et ses galeries d’art, reste le secteur de prédilection des amoureux de belle pierre et de calme. Ces derniers se heurtent, cependant, à une sévère pénurie de produits. Le nord du Cours Mirabeau n’a rien à lui envier depuis la réhabilitation réussie des rues du Maréchal-Joffre et de l’Opéra. La professionnelle évoque la vente récente d’un T2 meublé de 60 m2 moyennant 4800 €/m2. Palais de Justice ne manque pas de charme non plus. Un couple de Parisiens vient de s’offrir 100 m2, également meublés, à 650.000 €. Vide, le bien aurait coûté 4500-5000 €/m2. Pour Sylvie Allary, l’année 2009 commence véritablement au mois de juillet, avec un chiffre d’affaires réalisé pendant l’été, grâce aux nantis extérieurs à la région désireux de s’offrir un pied-à-terre aixois. Boosté par les locaux en résidence principale, les étrangers, les investisseurs locatifs et les étudiants, le collectif se porte bien malgré la crise. « A une mutation comportementale près », avertit-elle. « Les résidences multiservices de Sextius-Mirabeau et la tendance à la colocation des jeunes conduisent à la désaffection des petites superficies parfois insalubres. La prestation approximative ne pardonne décidément pas. » La maison à distance pédestre réunit des adeptes. Situé à 5 mn de marche du Cours Mirabeau, La Violette, également proche du périphérique, présente des unités du début du XXe siècle, des décennies 1930 et 1940, totalisant 160-200 m2 habitables sur des terrains de 400-600 m2. Fin 2008, un exemple du genre, 160 m2 en excellent état sur 650 m2, trouve preneur à 1,2 M €. Légèrement plus excentré, Brunet compense par des parcelles généreuses. La spécialiste propose d’ailleurs une ravissante bâtisse séculaire, 127 m2 entièrement rénovés, un studio indépendant de 25 m2 et un atelier d’une surface équivalente sur 1200 m2, à 670.000 €.
Comme sa consœur, Dominique Millant de Barnes International se positionne sur le segment du prestige. Il cite cet appartement de 193 m2 situé rue de l’Opéra, repensé intégralement il y a moins de cinq ans, tranquille, exposé au sud et orienté sur le jardin de la copropriété, mis à pris à 1.166.000 €, ou cet autre dernier étage restauré de 80 m2, ouvert sur deux terrasses, les toits, la cathédrale et la Sainte-Victoire, sans aucune nuisance sonore en dépit de l’adresse zone piétonne, à moins de 663.900 €. La difficulté de l’agent immobilier tient - et c’est une constante à Aix - davantage à la constitution du stock qu’à la quête d’acquéreurs potentiels. « Sur le luxe, ils sont de trois types : Franciliens en secondaire, séniors enrichis de la cession récente d’une bastide en périphérie ou mutés des sociétés internationales fraichement débarqués », précise Dominique Millant, pour qui la sensation de reprise se confirme.
« Le Clos Cangina, au sud vers le Parc Jourdan, tout aussi près du Cours Mirabeau et encore plus pratique du point de vue des accès routiers, souffre la comparaison avec La Violette. Une construction individuelle de 160 m2, sur un terrain de 700 m2 agrémenté d’une piscine, vaut 1.070.000 € », décrit Guillaume Rey d’Actuel Immobilier. Si l’on accepte de parcourir quelques centaines de mètres en sus, La Torse arbore un environnement bucolique, des commerces, des services, de bonnes écoles et un habitat mixte, de la simple villa au véritable domaine en passant par la résidence de standing avec plan d’eau et parking intégré. Les quadras, prêts à débourser 4600-4700 €/m2, en sont fans, d’autant que la desserte via les transports en commun ne fait pas défaut. Malgré des tarifs élevés, 4000-8000 €/m2 dans le centre, 4600 €/m2 à l’Est, 3000 €/m2 à l’ouest et au sud, jamais il n’a été question, durant les mois de crise, d’effondrement, mais d’assagissement et de correction. Le réajustement de 10-15 % concerne la première et la deuxième ceinture, qui avaient bénéficié, au cours des années euphoriques, d’une flambée artificielle.
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Par Laetitia Rossi