Elle est l’une des deux collines dominant Lyon et culmine à 250 m. La Croix-Rousse, c’est aussi un quartier, plébiscité pour son ambiance et sa qualité de vie.
Originale et atypique, la Croix-Rousse reste fortement marquée par son passé dans l’industrie de la soie. Elle est élevée au rang de ville en 1818 puis rattachée à Lyon en 1852. Dix ans plus tard, un funiculaire la relie au centre de Lyon ; les Lyonnais le surnommeront « la ficelle ». Depuis 1952, la colline est traversée par le tunnel routier de la Croix-Rousse qui permet ainsi de faire communiquer les quais des bords du Rhône et ceux des bords de la Saône. C’est au début du XIXe siècle que les canuts (les tisseurs de soie) s’installent sur le haut des pentes et le plateau de la Croix-Rousse. Aujourd’hui encore, les canuts, ces appartements possédant de très belles hauteurs sous plafond, des mezzanines habitables, des pierres apparentes, des poutres et de beaux parquets restent des biens recherchés par les inconditionnels du style mais aussi par les Anglais et les Américains. Situé au sommet de la colline, le plateau correspond au 4e arrondissement de Lyon et est traversé par deux artères commerçantes principales : du nord au sud, la Grande Rue de la Croix-Rousse et de l’est à l’ouest, le boulevard de la Croix-Rousse qui marque la frontière entre le 1er et le 4e arrondissement. Sur ce plateau, les canuts voisinent avec quelques appartements des années 50/60 et des résidences récentes. « Donner une fourchette de prix pour un appartement canut s’avère très difficile », explique Michèle Mercier d’
Acem Immobilier. En effet, tout va dépendre de son emplacement, de son orientation, de la qualité de sa restauration. Mais on peut néanmoins estimer son mètre entre 3000 et 4500 €. Dépourvu de garage et d’extérieur, il séduit le client à la recherche d’un produit atypique et original. « L’attrait pour le canut s’apparente à celui pour le loft et n’a pas d’explication rationnelle », constatent Virginie de Barjac et Bruno Delhaye de
Croix-Rousse Immobilier. Dès qu’ils ont de belles surfaces, des prestations haut de gamme et un environnement agréable, les canuts trouvent preneurs auprès de Parisiens, mais également de Londoniens ou de Belges qui souhaitent avoir un pied-à-terre sur la Croix-Rousse. Les appartements de standing dans de jolies résidences récentes, avec parking et ascenseurs, voient s’installer des retraités et des couples avec enfants qui deviennent propriétaires moyennant 3500 à 4500 €/m2. Les maisons bourgeoises, si elles restent anecdotiques, peuvent atteindre les 800.000 € et plus, pour peu qu’elles soient en parfait état. « Le plateau est apprécié pour son esprit communautaire, son ambiance. Ici, on trouve tous les commerces, des restaurants, de très bonnes écoles toutes proches sur les Chartreux, des parcs et des jardins. Il y a un véritable confort de vie », reconnaît Sandra Viricel d’
Actuel Transaction.
Les pentes (1er arrondissement) partent de la place des Terreaux et s’étagent ensuite jusqu’au plateau. D’où le nom explicite de certaines rues, baptisée « montée », comme la montée de la Grand’Côte, Saint-Sébastien ou encore celle des Carmélites. Plus accueillantes pour les piétons que pour les voitures, les pentes se caractérisent par une mixité de populations. Ceux qui n’ont pas trouvé de biens sur le plateau ou ceux dont le budget ne correspondait pas à l’offre se rabattent sur ce secteur. Là encore, les canuts sont bien présents, tout comme les appartements dans des immeubles bourgeois. Pour le bas et le milieu des pentes, il faut prévoir entre 3000 et 3700 €/m2. Contrairement au plateau, les habitants ne bénéficient pas de toutes les commodités ainsi que du métro. Mais ils optent néanmoins pour la Croix-Rousse. Sur le quartier dans son entier, l’offre est loin de répondre à la demande. La pénurie des biens explique le coût élevé du mètre et lorsqu’un produit arrive sur le marché, s’il est correctement évalué, il ne reste pas longtemps à la vente. Les professionnels dont l’antériorité le permet ont constaté que les arrivants sur Lyon, mutés ou autres, veulent presque systématiquement s’installer à la Croix-Rousse. D’où le dynamisme du marché. Ils ont aussi remarqué un retour sur le quartier de jeunes qui y avaient acquis un appartement, l’ont quitté lorsque leur famille s’est agrandie et y sont revenus une fois les enfants élevés. L’attachement à ce quartier lyonnais semble fort. Et d’ailleurs ici, on n’a pas attendu la mode récente de la fête des voisins pour se retrouver et partager une soirée conviviale sous le signe du bien cohabiter ensemble. La Fête des Voisins existe à la Croix-Rousse depuis un demi-siècle !
Le marché locatif, quant à lui, suit la tendance et affiche des prix assez élevés. Sur le plateau, 115 m2 avec un parking se louent 1600 €/mois. Quai du Rhône, il faut payer 1500 €/mois pour habiter 140 m2. Un petit canut de 40 m2, joliment restauré, verra son locataire débourser entre 500 et 550 €/mois, parfois jusqu’à 700 €/mois. Très présents, les investisseurs achètent dans le neuf comme dans l’ancien, certains de réaliser de belles opérations.