Animée et conviviale, la capitale du nougat, 36.000 habitants, profite d’une situation stratégique, à 46 km de Valence, 1h00 d’Avignon, 1h30 des Alpes, de Lyon, Grenoble, Montpellier et de la Méditerranée. Alanguie au pied du Vercors, non loin de l’Ardèche, la belle conjugue la qualité de vie au quotidien.
Le village voit le jour à Gournier, il y a 6000 ans. Au XIXe siècle, les remparts tombent pour laisser place à l’expansion urbaine et au jardin public, tandis que le train pénètre dans la cité dès 1854. L’Hôtel de Ville et le Palais de Justice sortent de terre et l’industrie du nougat porte haut les couleurs de Montélimar. C’est au développement des transports et des voies de communication, opéré au XXe, que la commune, l’hydroélectricité et le nucléaire doivent leur essor. « Depuis janvier 2010, l’activité semble recouvrer peu à peu ses droits, mue par le recul conjoint des prix et des taux d’intérêt, comme par les mesures d’incitation fiscale. Attention, il ne s’agit pas pour autant de conclure à une reprise nette et franche de l’immobilier. Seul le nombre de transactions augmente », avertit Serge Lévêque d’Orpi Saint-James. La gamme 180-250.000 € cristallise 70 % de la demande. Une majorité de locaux achète, en effet, des pavillons de 90-110 m2 sur des parcelles de 500-800 m2, en lotissement ou indépendantes à condition d’accepter l’idée de s’installer sur les extérieurs. Les appartements de standing, qui oscillent de 2500 à 2800 €/m2, suscitent un engouement limité et ne changent de main qu’au prix d’un bel effort à la baisse de la part des propriétaires, surtout si l’acquisition est récente. En outre, le segment subit de plein fouet la concurrence du neuf, largement comparable en termes de coûts. En témoigne « Les Grands Moulins » de JW Immobilier. Correspondant pleinement aux possibilités et attentes des primo-accédants, les petites unités anciennes, commercialisées 1000-1500 €/m2 et jusqu’à 150.000 €, partent sans difficulté. Après un exercice 2008 au point mort sur la tranche débutant à 300.000 €, le professionnel se réjouit de signer quelques affaires. Cette ferme à rafraîchir de 170 m2, auxquels s’ajoutent 100 m2 à aménager, sur un terrain de 3600 m2, vaut, par exemple, 440.000 €, lorsque 485.000 € sont exigés pour une maison de 200 m2, accompagnée d’un appartement de 70 m2 et de 70 m2 supplémentaires à refondre entièrement, dans un jardin avec piscine.
« Selon les chiffres édités par la Chambre des Notaires, la valeur du collectif chute de 6,9 % dans la Drôme en l’espace d’un an, de 12,3 % dans la plaine de Montélimar, la maison, de 9,6 %, de 3 % au sein de la cité touristique, et le terrain à bâtir, de 2 %, de 16,2 % sur le secteur étudié », rappelle Antoine Pernot de LCDI Le Comptoir de l’Immobilier - plus de 30 salariés présents dans le 26, le 07, le nord du 84 et du 13. Aujourd’hui, les tarifs tendent à se stabiliser. Sous la barre des 200.000 €, les mouvements sont nombreux, et jusqu’à 250.000 €, relativement satisfaisants. Sur la fourchette 250-500.000 €, les négociations sont aussi délicates à mener que les stocks, largement reconstitués. Particulièrement touchés par la crise, les acheteurs potentiels, cadres supérieurs, professions libérables ou dirigeants de PME, peinent à retrouver une certaine sérénité. Et cette fébrilité pèse dans les décisions. Après 500.000 €, le spécialiste note quelques soubresauts. Peu pressée, cette clientèle compare, réfléchit, analyse… et n’accepte de visiter que les références au prix. L’ère spéculative semble définitivement révolue : le marché est propre, sain et transparent. Plus accessible que dans les départements limitrophes, la résidence secondaire en Provence réunit des adeptes, prêts à investir 500.000 € et plus, essentiellement belges ou français. « Le neuf a de nouveau le vent en poupe, dans la mesure où Montélimar est désormais éligible à la Loi Scellier, grâce au travail du député-maire Franck Reynier et de son équipe », précise Antoine Pernot. Les investisseurs engagent généralement 150.000 €, espérant une rentabilité de l’ordre de 4,5-5 %. De même, les récentes mesures étatiques redonnent du pouvoir d’achat au primo-accédant et, du coup, un second souffle à la pierre.
« Le foncier se négocie de 120 à 150 €/m2 en lotissement et entre 150.000 et 200.000 € lorsqu’il s’agit d’une parcelle indépendante. La plupart choisissent la première solution. Ceux qui optent pour la seconde, une manne peu représentée actuellement, tablent sur un budget global de plus de 500.000 € pour un produit fini de 200 m2 habitables dans un parc avec piscine et pool-house », explique François Lopez de l’Immobilière Les Allées. A compter de 600.000 €, les intéressés veulent de la vieille pierre et du cachet. Cette famille, jeune propriétaire de ce mas de 400 m2 sur 5000 m2 agrémentés d’un plan d’eau à 795.000 €, profite, par exemple, de la douceur de vivre dans la Drôme provençale, tandis que Monsieur effectue les allers-retours professionnels. Mais là encore, l’heure est à la morosité et à l’hésitation. Certains audacieux osent toujours amputer le montant affiché de 30 %. Quant au neuf, il ne pourra devoir son salut qu’à l’unique défiscalisation. Chaque programme doit, en effet, correspondre à un besoin réel. Les adresses centrales, proches de toutes les commodités, plaisent ainsi aux personnes âgés, désireuses d’intégrer un habitat fonctionnel. Sur les 54 lots de « Villa Nova », 5 restent à pourvoir (2 F2 et 3 F4) et 20 % seulement sont concernés par la défiscalisation. De ce point de vue, Montélimar jouit encore d’un bel équilibre. « Forte de deux sorties d’autoroute, du contournement est, d’un dynamisme économique de tous les instants, d’une nouvelle zone d’activité au sud, de la création prochaine du Palais des Congrès et du projet de la gare TGV d’Allan, la localité voit l’avenir en rose », conclut le responsable de LCDI qui espère l’arrivée future de Franciliens en quête de soleil.