Au cœur du plus important gisement ocrier de la planète, Roussillon, cerné de pins, décline les jaunes, les rouges et les marrons, tandis que Ménerbes distille un charme minéral typiquement provençal. Les villages du Triangle d’Or portent haut les couleurs du Luberon…
Situé entre
Joucas et
Saint-Saturnin-les-Apt,
Gordes et
Goult,
Gargas et
Bonnieux,
Roussillon se dresse au pied des Monts de Vaucluse. Caractérisé par ses carrières d’ocre, le bourg, en position dominante, séduit Cocteau, Buffet, Carzon et Ambrogiani. Au sein de la deuxième commune du Luberon en terme de nombre de visiteurs, les galeries d’art voisinent avec les restaurants. Une affluence qui s’intensifie chaque jeudi matin, lors du marché. Construit sur un éperon rocheux entre
Oppède et
Lacoste,
Ménerbes bénéficie du label « Les plus beaux villages de France ». Après avoir exploité la pierre de taille, extraite de sa terre, la localité vit du tourisme, de l’immobilier et de l’agriculture, produisant les AOC Côtes-du-Luberon et les vins du Pays d’Aigues. Les amateurs de pleine nature apprécient les chemins de randonnée et la piste cyclable qui relie
Cavaillon à
Forcalquier. Si le musée du tire-bouchon ne manque pas de divertir l’intéressé avec ses 1000 références, les belles demeures restaurées rappellent le riche passé, un temps où Nicolas de Staël et Picasso plébiscitaient la destination.
« Sur Roussillon, 70 % des acheteurs visent l’usage secondaire. Ils ont de quarante à cinquante ans, viennent d’abord en vacances, avant de s’installer en semi principal la retraite venue », introduit Valérie Collinet de
Roussillon Immobilier. Le marché est essentiellement français et la tendance nationale s’intensifie au cours des deux dernières années. Les nantis ciblent les anciennes propriétés d’ocriers, 250 m2 habitables sur un minimum de 1 ha, commercialisées de 1 à 3 M €, selon les prestations. Beaucoup recherchent les villas ou les réalisations de charme aux alentours de 800.000 €. La majorité préfère les bastides de plain-pied d’environ 150 m2 sur des parcelles closes agrémentées d’une piscine, entre 400.000 et 600.000 €. Malheureusement, cette clientèle n’est pas facile à satisfaire, faute de produits disponibles. Dès qu’elle possède un extérieur, la maison de village, de 200.000 à 800.000 €, remporte un franc succès. Les seniors du cru exigent un habitat individuel fonctionnel proche du centre urbain autour de 400.000 €, après la vente d’un beau bien en périphérie. Quant aux primo-accédants, ils privilégient les terrains en bordure de hameau, à 150-200 €/m2. A produit équivalent, Roussillon est inférieur de 30 % à Gordes, tributaire de la construction en pierres de taille, une pratique onéreuse. Certains reprochent à Roussillon ses couleurs vives, celles-là même qui ravissent les autres. Plus près des grands axes, Ménerbes ne séduit pas tout à fait les mêmes acheteurs, susceptibles de fondre également pour Gordes et Goult. Malgré le ralentissement persistant sur le haut de gamme, l’activité se porte bien et la demande est soutenue.
Xavier Thoa de l’agence
Propriétés Côté Luberon réfute toute distinction nette entre les adresses du Triangle d’Or, à l’exception, peut-être, de Gordes, qui s’attache une réputation internationale et des tarifs, par conséquent, plus élevés. Verdoyants et exposés au nord, Bonnieux, Ménerbes, Lacoste et Oppède s’animent sur le Luberon, contrairement aux autres, plus arides, édifiés sur les Monts de Vaucluse. Le choix reste, ensuite, affaire de sensibilité. La clientèle regarde davantage la qualité de l’environnement que le code postal. Sur Ménerbes, une bourgade du goût des politiciens anglais, le professionnel évoque la vente récente d’une maison de village de 100 m2 à rafraîchir, profitant d’une vue dominante, à 520.000 €, une somme déboursée par un Britannique amoureux de la pierre de caractère, en résidence secondaire . Un Belge, décidé à s’installer dans le coin, s’offre une bâtisse en excellent état de 155 m2 à 630.000 €. Jusqu’à 1 M €, les visites se concrétisent sans grande difficulté. Au-delà de 1,5 M €, c’est déjà plus compliqué. En 2008, les ventes ont chuté de 25 % dans le Vaucluse, de 15 % en 2009. D’après les mouvements déjà observés, 2010 serait prometteur, même si on ne dispose d’aucune statistique officielle. En tout cas, la crise a permis de réguler le produit standard.