Située au sud de la côte basque non loin de la frontière espagnole, la commune, rendue célèbre par les noces en 1660 du Roi Soleil et de l’infante Marie-Thérèse, présente une bande littorale de 7,5 km, une superbe baie et une architecture typique, datant dans le cœur historique du XVIIe siècle
On accède à
Saint-Jean par la nationale 10, l’autoroute A63 ou par le train. Les 14.100 habitants bénéficient d’un environnement naturel de toute beauté. En témoignent Sainte-Barbe, un site classé de 2,5 ha surplombant l’océan, le parc Ducontenia, 3 ha d’espaces verts en pleine ville, ou la baie, un éden de 240 ha apprécié des adeptes de sports nautiques. Le legs architectural n’est pas en reste : la place Louis XIV, l’église Saint-Jean-Baptiste et le port séduisent les touristes, hexagonaux à 90 %, mais aussi anglais, espagnols, allemands et belges. La renommée de la station balnéaire remonte à la fin du XIXe siècle. L’économie repose essentiellement sur le tertiaire, sans pour autant délaisser l’industrie et l’agriculture. La belle basque compte deux zones d’activité : Laïatz et Jaldaï. Mais le centre assure toujours 62 % du chiffre d’affaires total du commerce.
« Le terme de frémissement convient davantage à la situation que celui, sans doute prématuré, de reprise », introduit Cécile Martiarena de
Square Habitat. La professionnelle préfère la prudence à l’excès et redoute les conclusions hâtives, « d’autant que la question de l’emploi en France reste préoccupante ». Le tassement des prix est indéniable, plus encore hors du centre. Les férus de collectif plébiscitent le secteur historique, où ils paient en moyenne 5000 €/m2 un produit en état correct ; davantage s’il s’accompagne d’une vue sur la baie ou de commodités telles que le garage, la terrasse ou l’ascenseur. Tout aussi central, Les Halles, un quartier ultra animé, revêt un charme populaire. Fargeot et Urdazuri demeurent proches, plus abordables et relativement appréciés. Si Sainte-Barbe renferme ce qui se fait de mieux en matière de maisons, la grille tarifaire, oscillant de 1 à 2 M €, s’avère souvent prohibitive dans un contexte économique tendu. Prêts à débourser aux alentours de 400.000 € pour la fameuse etxea, les locaux prennent la direction de
Ciboure, d’
Ascain, de
Saint-Pée-sur-Nivelle et d’
Urrugne. Dans le meilleur des cas, ils obtiennent 150 m2 en bonne condition sur une parcelle de 1000 m2. Les terrains à bâtir remportent, enfin, un franc succès sur la gamme 100-200.000 €. A ces tarifs, le panorama Atlantique n’est pas évoqué. Le budget moyen des actuels acheteurs tout segment confondu s’échelonne de 250.000 à 350.000 €. « Le marché immobilier luzien s’avère étroitement lié à celui de Ciboure, qui affiche des barèmes légèrement inférieurs et des solutions intéressantes », complète Fabrice Carré de
Century 21 Donibane. Bordagain souffre la comparaison avec Sainte-Barbe, comme Marinela avec Urdazuri. Jusqu’en 2008, les acquéreurs se répartissent équitablement entre l’usage principal, le semi-principal et le secondaire. Si la part des séniors français susceptibles d’aller et venir entre leur port d’attache et leur résidence de Saint-Jean ne bouge pas en 2009, les vacanciers retardent leur projet d’achat tandis que les gens du cru profitent justement de la diminution des prix et des taux d’intérêt pour sauter le pas. L’individuel accuse réellement le coup. Avant l’annonce de la crise, la villa démarre à 550.000 € et atteint des sommets peu justifiés. Des collectivités alentours libèrent du foncier et certains se lancent alors dans la construction. Pourvus de 450.000 €, ils obtiennent les mêmes surfaces neuves, agencées selon leur goût et leurs besoins.
Jean-Michel Toustard de L’
Agence du Parc ne nie pas le recul des valeurs, de l’ordre de 10 à 15 %, provoqué, en partie, par le départ des Ibériques, affectés par la conjoncture internationale. « Les qualités de Saint-Jean-de-Luz n’en sont pas moins réelles. A l’instar de
Guéthary et de
Bidart, elle jouit d’une façade maritime et d’un paysage typiquement basque, entre les aéroports de
Biarritz, à 15 km, et de Saint-Sébastien, à une vingtaine de kilomètres. Sa configuration plate facilite la promenade et l’emploi d’un véhicule n’est pas obligatoire que l’on désire se rendre à la plage ou s’adonner au lèche-vitrine. » On y pratique le golf, la voile, le surf, la thalassothérapie et le shopping du dimanche. De mars à novembre, le calendrier culturel est particulièrement chargé. La commercialisation satisfaisante malgré la crise, de la résidence de tourisme « Iratzia », un programme signé Robert Alday avec piscine, tennis et fronton de pelote basque sis à 300 mètres de la plage d’Erromardie et livré l’été prochain, constitue un signe fort. L’éligibilité en Loi Scellier explique aussi l’engouement. Originaires de tout le pays, les investisseurs visent la défiscalisation immédiate et, à terme, le plaisir d’une retraite au soleil.