Le mas reste le produit vedette
Le chant des cigales, l’ombre des platanes et un savoir-vivre authentique… Décidément, la cote de la cité, qui a inspiré à Van Gogh ses plus belles toiles, ne décroît pas. Le décret du 30 juillet 2007 classe son territoire au sein du Parc Naturel Régional des Alpilles. Située dans la vallée du Rhône, à 20 km de la gare TGV d’
Avignon, non loin des prises d’autoroute et à quelques dizaines de minutes des aéroports de
Marseille et de
Nîmes, la ville à taille humaine abrite 10.200 habitants, employés dans les exploitations viticoles ou oléicoles, l’industrie, la construction ou plus couramment le tertiaire, un secteur boosté par le tourisme. Certains exercent du côté des zones d’activités de la Gare ou de la Massane. Le parc immobilier se caractérise par une large prédominance de logements individuels et par un segment secondaire supérieur à 10 %.
« A la crise,
Saint-Rémy résiste », annonce d’emblée Muriel Ducloy de
L’Agence des Alpilles. La spécialiste observe trois phénomènes spécifiques à 2009. Tout d’abord, la part des acquéreurs français, issus de l’axe Lyon-Paris-Lille, ne cesse d’augmenter. Echaudés par le placement boursier, ils visent un investissement plaisir autant que patrimonial. S’ils ne bradent pas, les propriétaires-vendeurs sont ensuite revenus à des fondamentaux. La légère hausse du volume de transactions enregistrée cette année compense, enfin, la diminution des budgets. « Le très haut de gamme réunit encore des adeptes, mais moins nombreux que par le passé. Dans la majorité des cas, la clientèle engage de 500.000 à 1 M € », précise encore l’agent. La fourchette basse lui permet de briguer des jumelées neuves, comme « Les Bastides des Oliviers », le programme de Nexity joliment fini et vendu en totalité. Beaucoup optent pour une unité indépendante de 160-180 m2, édifiée sur une parcelle de 1500 m2, négociée à partir de 750.000 €. Le mas, le produit vedette en Provence, oscille de 900.000 à 3 M €, selon la surface, l’état et les prestations. Récemment, une ancienne propriété agricole, dressée sur un terrain de 1 ha face à la Galine, vient de trouver preneur contre 1 M €. L’unique réserve tient justement à la pénurie de biens de caractère sous le million d’euros. Saint-Rémy a toujours bénéficié d’un crédit d’image. Pourtant, les grilles tarifaires de la montagnette prisée des Bouches-du-Rhône s’avèrent, aujourd’hui, homogène. Le choix de la destination est davantage une affaire de goût. Les férus de campagne, de tranquillité et d’esprit de village apprécient
Maussane. Les célébrités, en quête de discrétion et de confidentialité, privilégient
Eygalières. Saint-Rémy campe un compromis intéressant entre le cadre bucolique et l’animation urbaine.
« La petite capitale des Alpilles obéit à une logique de quartiers », décrit Valérie Lucien d’
Actuel Immobilier. Au sud du canal d’irrigation, la Haute Galine et le Vieux Chemin d’Arles, des espaces minéraux et rocailleux complantés d’oliviers, ont le vent en poupe. Les Belges, toujours présents, et les Anglais, remplacés par les Suisses, ont acheté et restauré, au cours de la dernière décennie, de magnifiques bâtisses. Le nord agricole, dit secteur des jardins, convient aux amateurs de terres, d’équitation et d’intimité. La majorité acquiert en secondaire, semi-principal ou en prévision de la retraite. La maison de village, centrale et prolongée par un extérieur, suscite toujours l’engouement. Si l’objet à rénover est trop onéreux, le restauré se maintient, porté par le goût du clé en mains. Lors d’un premier achat, les autochtones n’ont pas d’autre solution que de cibler la plaine entre Saint-Rémy et Avignon, une construction de 100 m2 sur 1000-1500 m2 aux environs de 350-400.000 €. Malgré une baisse des prix de 10-15 % en intramuros, la pierre demeure élevée. Les rares appartements tournent autour de 3300 €/m2. Les clients, exigeants et parfaitement renseignés, ne s’y trompent pas : le marché saint-rémois a de belles heures devant lui.