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REPORTAGE
 
 

Saint-Vincent-de-Tyrosse et Tosse, incursion landaise

 
Saint-Vincent-de-Tyrosse et Tosse, incursion landaise
Cette ancienne ferme de plus de 300 m2 habitables (cinq chambres), rénovée avec goût, dispose d’un espace champêtre de 9970 m2. Une grange, un box à chevaux et une carrière d’entraînement complètent l’offre. 543.000 €. Atlantique Sud Immo (05 58 77 19 56).






Saint-Vincent-de-Tyrosse et Tosse, incursion landaise
Cette ferme de 1890, entièrement rénovée, offre 278 m2 habitables (six chambres) sur une parcelle de 7500 m2, agrémentée d’une piscine et de dépendances. 575.000 €. Acimflo (05 58 77 02 15).






Saint-Vincent-de-Tyrosse et Tosse, incursion landaise
Cette contemporaine, située à Tosse, développe 101 m2 (trois chambres) sur un terrain, non loin des commerces, de 986 m2. 285.000 €. Tosse Immobilier (05 58 49 92 16).






Une alternative à la côte océane…


Réputée pour ses fêtes, ses arènes, ses corridas, ses courses landaises et son équipe de rugby, Saint-Vincent-de-Tyrosse abrite près de 7000 riverains, sur la route 810 à équidistance des principales cités du 40 et du 64. Jadis orientée vers l’industrie de la chaussure, « elle accueillait plus de travailleurs que d’habitants », s’amusent les anciens. Aujourd’hui, le rapport de force s’est largement inversé. Tosse, 2100 âmes réparties autour d’une église classée aux monuments historiques, regarde davantage vers l’océan, Capbreton, Seignosse ou Hossegor.

« Monsieur travaille à Dax, Madame sur Bayonne : une adresse à Saint-Vincent s’avère tout indiquée », annonce d’emblée Florence Pinsolle d’Acimflo, d’autant que le trajet peut être effectué en train ou en voiture. Toutes les commodités se trouvent sur place : les services de santé, appréciés par les séniors prêts à engager 250.000 € dans leur logement, et les écoles jusqu’au lycée, recherchées par les familles en primo-accession susceptibles d’injecter 180-220.000 €, constituent des atouts de poids. A 180.000 €, ces dernières obtiennent une maison 1950-1960 de deux ou trois chambres à restaurer ou à rafraîchir. Contre 220.000 €, elles bénéficient d’une contemporaine de 90 m2 sur 700 m2, construite dans un quartier récent. Cette nouvelle clientèle apporte un second souffle à la bourgade qui pâtissait, il y a encore une décennie, d’une image vieillissante. Pour un montant identique, ces acheteurs disposeraient sur Bayonne d’un simple T3/4. Depuis l’automne dernier, les retraités franciliens, les résidents occasionnels et les amoureux de nature reviennent quérir les bâtisses en pierre restaurées, négociées à 400.000 € et au-delà. De même, le foncier suscite un regain d’intérêt. Récemment, un couple prend possession d’une parcelle de 1500 m2, payée 74.000 €. S’il envisage de faire les travaux seul, d’autres s’adressent aux constructeurs du coin proposant un bâti de qualité autour de 1200 €/m2. En octobre 2009, Bouygues Immobilier livre un immeuble, tandis que Seixo Promotion s’apprête à inaugurer deux ensembles collectifs et des jumelées. Le neuf vaut en moyenne de 2300 à 2500 €/m2. La professionnelle ne regrette pas la crise : « Saint-Vincent avait atteint un pallier, un point de saturation. Le réajustement des prix est salutaire. Néanmoins, pour réaliser le même chiffre d’affaires que par le passé, il convient de déployer une énergie supérieure et de multiplier les services. »

« Au tournant du siècle, les Bayonnais arrivent en masse à Saint-Vincent, mus par des tarifs 30 % sous les barèmes de la préfecture. En 2007-2008, ils repartent en direction du Pays Basque, laissant place à une autre catégorie de population. Résultat des courses : en l’espace de cinq ans, celle-ci double », décrit Patrick Flageollet d’Atlantique Sud Immo. Les autochtones reprochent au site sa pauvreté en matière de commerces. Une lacune comblée très prochainement par l’ouverture d’un grand centre à Saint-Geours-de-Maremne. Verdoyants à souhait, Le Tyrosse et Le Fontainebleau tranchent radicalement avec les secteurs, peut-être un peu trop lotis de l’environnement immédiat du magasin Leclerc. 80 % des transactions enregistrées par le spécialiste en 2009 ont été réglés cash. 30 % des maisons sont parties aux retraités de Paris, du Nord voire de PACA, attirés par le calme et la sécurité. La demande de fermes, génératrices de lourds frais dans un second temps, croît. Particulièrement aguerri à la vente de terrain, Patrick Flageollet déplore de ne pas pouvoir tirer plus profit du système du Pass Foncier dans les Landes, une pratique en vogue au Pays Basque.

« Une poignée de kilomètres sépare Saint-Vincent et Tosse, pourtant les valeurs de la pierre comme le profil des clients diffèrent », poursuit Bruno Fernandez de Tosse Immobilier. De prime abord, les acheteurs, dont la capacité de financement oscille entre 250.000 et 300.000 €, choisissent Hossegor, Capbreton et Seignosse, avant de réaliser que leur budget n’autorise pas de telles prétentions. Ils se retirent alors à Saubion, Angresse et Tosse, édifiés à 8-9 km de la première plage. Le bien type développe 110-120 m2 sur 800 m2. Les belles propriétés s’échelonnent de 600.000 à 1 M €, une gamme qui subit la concurrence de la côte. Les intéressés ont les idées claires et une notion, confirmée au préalable par les banquiers, de leur possibilité d’endettement. A contrario, certains vendeurs manquent encore de réalisme, d’où quelques blocages.