REPORTAGE

Bordeaux : focus sur le marché des maisons

Maison traditionnelle Bordelaise, l’échoppe concentre l’essentiel de la demande dans les quartiers intraboulevard. À la périphérie, les maisons de pierre et les hôtels particuliers remportent l’adhésion.

Considérée comme la ville de province la plus attractive de France, Bordeaux a été victime de son succès jusqu’en 2018 : cette année, le marché a atteint son plafond record avec une hausse de 10 % des prix. Les raisons d’une telle attractivité ? L’arrivée du tramway, les travaux de rénovation entrepris sur les quais, la mise en place de la ligne LGV Paris-Bordeaux et l’ouverture sur la côte atlantique. Néanmoins, après une hausse des prix de 40 % au cours de la décennie passée, la décélération est entamée.

Bien que le dynamisme de la ville séduise une part significative d’actifs sans enfants, la hausse marquée des prix a engendré un véritablement phénomène d’embourgeoisement. La demande pour les biens aux prestations exclusives continue de marquer le centre-ville, où le cœur historique concentre des immeubles du XVIIIe et XIXe siècle fort convoités. Mécaniquement, les prix ont suivi la demande et peuvent atteindre 8.000 € le mètre carré. Par conséquent, de nombreux Bordelais s’éloignent de ce centre jugé élitiste pour gagner les quartiers de la périphérie. L’agence J’Habite en Ville-Khépri se consacre à la transaction, la location, la gestion et le syndic avec une prédilection pour les secteurs les plus prisés du centre-ville Bordelais. Consultant immobilier au sein de l’agence, Emmanuel Coustaud observe que la marché de la maison fait l’objet d’une demande soutenue dans les quartiers de Saint-Seurin, Saint-Genès, Croix Blanche et Caudéran. À proximité de la ville, les communes du Bouscat, de Bruges et de Mérignac gagnent en attractivité. « À Bordeaux intraboulevards, le marché porte essentiellement sur les échoppes. » Habitations typiques de la ville, ces bâtisses de plain-pied étaient initialement habitées par les ouvriers. Elles disposent d’une ou deux fenêtres en façade, à côté de la porte d’entrée : on parle alors d’échoppe simple ou double. La plupart de ces maisons ont fait l’objet de rénovation afin d’étendre leur surface et leur conférer un niveau de confort contemporain. Par ailleurs, l’offre est également constituée de maisons en pierre, voire d’hôtels particuliers, dans certains secteurs tels que Saint-Genès. « À titre d’exemple, nous venons de vendre une échoppe de 120 m2 avec trois chambres, un bureau et un jardin, pour 670.000 €. Avec un budget de 500.000 €, vous pouvez avoir accès à une maison qui sera plutôt située à Caudéran, soit à l’extérieur des boulevards. » Depuis le confinement, le professionnel relève un engouement marqué des acquéreurs pour les demeures disposant d’un espace extérieur. Nombreux sont ceux qui mettent en vente leur appartement pour accéder à de tels biens, lesquels, par conséquent, deviennent plus rares.

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