REPORTAGE

Bordeaux : retournement du marché ?

Tandis que les citadins demeurent attachés à la vieille pierre de l’hyper centre, un nombre croissant d’acquéreurs se dirigent vers la proche périphérie, en quête d’un bien jouissant d’un extérieur. Conjointement, l’offre affiche une tendance haussière.

Proche de l’océan Atlantique, la ville offre une qualité de vie remarquable, renforcée par un réseau de transports en commun performant et de nombreux bassins d’emplois. Y sont également établis plusieurs écoles supérieures et pôles universitaires réputés. Grâce à la démocratisation du télétravail, les acquéreurs en provenance de Paris et de grandes villes de France envisagent de s’établir à Bordeaux pour y travailler à distance une partie de la semaine. Dans cette perspective, la présence du TGV constitue un atout notoire pour la ville. Sous la direction conjointe de Nathalie Andria et Pascal Boulonne, la Bordelaise de l’Immobilier est spécialiste en transaction à Bordeaux intramuros.

«Notre activité s’étend de plus en plus vers la périphérie de Bordeaux. Aujourd’hui, la demande se concentre sur les biens possédant un extérieur, mais les vrais citadins attachés au confort de l’hyper centre peuvent renoncer à ce critère. Depuis le début de la crise sanitaire, le volume des transactions au centre de Bordeaux est en baisse. Les prix demeurent plutôt stables, tandis que nous observons un début d’inversement du marché dû à une offre plus importante que la demande. Cependant, les taux d’intérêt se maintiennent à des niveaux remarquablement bas. À titre d’exemple, nous proposons dans le secteur de Caudéran - à la périphérie immédiate de Bordeaux - un appartement attique qui correspond aux critères de recherche actuels : situé au dernier étage dans un immeuble équipé d’un ascenseur, il dispose d’une surface d’environ 100 m2 et d’une terrasse de plus de 140 m2. Livré avec 2 places de stationnement, il est affiché à 595.000 €.»

Le spécialiste relève que si les acquéreurs sont traditionnellement attachés à la belle pierre du centre historique de Bordeaux, leur degré d’exigence s’est accru. Nathalie Andria ajoute que la 1ère couronne, où se situent les secteurs du Bouscat et de Caudéran, fait également l’objet d’une demande soutenue.

«Desservis par le tram et proposant encore de belles demeures en pierre, ces quartiers séduisent notamment les familles désireuses de résider à proximité d’établissements scolaires de renom. Les acquéreurs en provenance de la région sont nombreux, tandis que la clientèle étrangère demeure marginale.»

Pascal Boulonne - la Bordelaise de l’Immobilier. (05 56 38 03 03)

Selon les spécialistes, le marché de l’investissement locatif est marqué par une forme d’attentisme, en raison des dispositions d’encadrement des loyers qui doivent entrer en vigueur prochainement. Par ailleurs, dans les programmes neufs, les prix d’accès varient entre 5.500 et 8.000 €/m2, au gré de l’emplacement et de la qualité des prestations. Néanmoins, la demande y demeure sensiblement inférieure à celle du marché de l’ancien. Forte d’une solide réputation et d’un excellent réseau relationnel local, l’agence J’Habite en Ville-Khépri se consacre depuis 15 ans à la transaction, la location, la gestion et le syndic avec une prédilection pour les secteurs les plus prisés du centre-ville Bordelais.

« Le marché, toujours dynamique, demeure déséquilibré entre l’offre et la demande. Les acquéreurs font face à une offre étroite et doivent parfois s’armer de patience. Les appartements prolongés par un extérieur sont notamment extrêmement recherchés, et encore plus, depuis la crise sanitaire »

Emmanuel Coustaud - J’Habite en Ville - Khépri (05 56 51 73 01)

explique Emmanuel Coustaud. Les grands appartements bourgeois affichés entre 800.000 et 1 M d’€ s’ils ne possèdent ni balcon, ni terrasse suscitent actuellement moins d’intérêt. « Les Parisiens comptent toujours parmi la clientèle de l’agence. Il n’est pas rare d’orchestrer une transaction pour un client qui vient de vendre un bien à Paris et à décider d’acquérir un pied-à-terre au sein de la capitale, en choisissant de faire de Bordeaux la résidence principale familiale. »

À titre d’exemple Emmanuel Coustaud évoque la vente récente d’une belle maison de 230 m2 située quartier Fondaudège. En seulement 2 visites, elle s’est vendue 1.2 M d’€ à une famille parisienne.Serein, Emmanuel Coustaud constate que le marché bordelais, après une période d’euphorie, tend à se stabiliser avec des prix, qui, bien que toujours à la hausse pour les plus beaux produits, retrouve un rythme de croisière et de belles perspectives.

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