La Presqu’île de Rhuys, une double vocation
Par Laetitia Rossi - 07 août 2012
Adossée à la Bretagne sud, l’avancée de terre regarde tantôt vers le golfe du Morbihan, tantôt vers l’océan. Face aux îles de Houat et de Hoëdic et à la presqu’île de Quiberon, le secteur plaît aux résidents secondaires sur sa portion littorale et présente, dans les terres, des prix attractifs pour les travailleurs de Vannes.
La Presqu’île de Rhuys se compose de cinq collectivités territoriales. Arzon, Port Crouesty et Port Navalo offrent deux visages différents, côté golfe et côté océan. Si les touristes apprécient le moulin de Pen Castel, l’allée du Grah-Niol et le Tumulus de Tumiac, dit butte de César, ils cèdent surtout au charme du lèche-vitrine sur le port du Crouesty. Saint-Armel abrite les anciens marais salants. A Saint-Gildas, le sentier côtier du Grand Mont longe les falaises, tandis que l’abbaye de Rhuys arbore une architecture romane. Le Tour-du-Parc, où se trouve le manoir de Caden, constitue un des hauts lieux de l’ostréiculture. Sur la commune de Sarzeau, la réserve du Duer reste un espace naturel protégé. La route touristique en direction d’Arzon promet des vues magnifiques, tandis que la visite du port du Logeo et du parc du château de Kerlevenan s’impose.
« Sur le littoral de la presqu’île, 90-95 % des acquéreurs, majoritairement originaires du Grand Ouest et d’Ile-de-France, visent l’usage secondaire. Or, en ces temps d’incertitude économique, beaucoup adoptent une posture attentiste », analyse Jean-Hervé Rondot d’Ofic Immobilier. Les uns privilégient les T2 et les T3, proches de la plage ou orientés sur le port du Crouesty, commercialisés de 100.000 à 150.000 €. Les autres optent pour des maisons de quatre pièces, sur des parcelles de 400-500 m2, comprises entre 200.000 et 300.000 € et de 300.000 à 400.000 € sur Arzon, l’adresse la plus recherchée. La côte nord, sur le golfe du Morbihan, recèle un bâti ancien de caractère. Moins porteur que par le passé, le segment se voit reprocher un confort en retrait et une performance énergétique faible. Face à l’Atlantique, la côte sud reçoit des constructions individuelles plus récentes, conçues dans une optique de vacances. La pointe, un paysage mixte ultra couru, accueille le port et la station balnéaire du Crouesty. Le centre de Sarzeau attire, a contrario, les seniors issus du cru ou d’une autre région française, mus par la proximité des commerces et des services. Ils déboursent 200-250.000 € en échange d’un appartement et 350-400.000 € contre une maison. Tous apprécient le climat tempéré, la qualité de vie et la faible distance qui les sépare du pôle urbain de Vannes. Le marché se caractérise par un équilibre entre l’offre et la demande et une stabilité des prix.
Basée au sein de Surzur, bourgade en plein essor de 3700 habitants, sise en début de presqu’île, à 10 minutes des plages, Muriel Lomont d’Orpi Surzur Immobilier constate que le rapport secondaire/principal s’inverse au profit du deuxième conférant une couleur autre au marché. La localité, relevant de la communauté d’agglomérations de Vannes avec les avantages que cette appartenance implique, pourvue en commerces et services de proximité, vit à l’année. Les enfants du pays sont scolarisés jusqu’au primaire et bénéficient d’un bon système de ramassage scolaire en direction des collèges de Sarzeau et de Theix et du lycée de Vannes. L’endroit surfe sur des prix attractifs, à seulement 15 minutes de voiture de la préfecture du Morbihan. Le foncier viabilisé se négocie en moyenne 130 €/m2, frais d’agence inclus, quand les maisons récentes de type 130 m2 habitables auxquels s’ajoutent 800-900 m2 d’extérieur tournent autour de 265.000 €. Alimentée par les mutations de vie, l’activité jouit d’une vitesse de croisière satisfaisante. Il y a, en effet, une notion d’obligation que l’on ne retrouve pas dans l’achat de villégiatures. 66 % des acheteurs arrivent du Grand- Ouest, 12 % d’Ile-de-France anticipant leur retraite. Les actifs travaillent sur Vannes, voire sur Lorient, à 45 minutes de route, sur Nantes ou sur Rennes, à 1h15. Parmi les dernières ventes, la spécialiste décrit cette bâtisse ancienne de 180 m2 sur 3000 m2, caractérisée par un bon niveau de rénovation et des prestions raffinées, à 370.000 € ou cette néo-bretonne de 1980, 270 m2 à rafraîchir sur 1200 m2, à 280.000 €. L’équivalent sur Vannes vaut de 30 à 50 % de plus.